Selon le dernier bulletin épidémiologique du ministère argentin de la Santé cette semaine, 42 cas de hantavirus ont été recensés depuis le début de l’année et 101 sur la campagne épidémiologique, qui court de juin à juin.
À titre de comparaison, la saison 2024-2025 avait vu 57 cas recensés, 75 en 2023-2024, et 63 lors de la saison 2022-2023.
« Il n’y a rien d’atypique ni de particulier. En Argentine il y a des cas de hantavirus tous les ans », a assuré à l’AFP Raul González Ittig, biologiste Conicet, l’équivalent argentin du CNRS, et auteur de plusieurs études sur le virus.
« Ce ne sont pas des foyers, mais des cas isolés », ajoute-t-il, citant le cas d’un dernier foyer en 2018 à Epuyén (sud), où une personne avait contaminé 50 autres à un anniversaire. 15 personnes étaient décédées.
Pour lui, l’augmentation des cas pourrait être liée au phénomène climatique El Niño, qui après trois années sèches « a apporté de fortes pluies, un plus grand développement de la végétation, qui constitue la nourriture de ces rongeurs réservoirs (du hantavirus). Il est donc très probable que l’abondance de ces rongeurs ait augmenté », a-t-il estimé.
La plupart des cas se situent dans la large province de Buenos Aires (centre), la plus peuplée, mais « le taux d’incidence le plus élevé correspond à la région Nord Ouest », avec 36 cas confirmés, dont 83% concentrés dans la province de Salta, frontalière de la Bolivie et du Paraguay.
À 4.000 km plus au sud, la province de la Terre de Feu (Ushuaïa) « ne présente pas de hantavirus et n’a enregistré aucun cas depuis que cette maladie a été incluse parmi les phénomènes à déclaration obligatoire en 1996 », a réitéré mercredi le ministère de la Santé de la province.
Autre province patagonienne voisine, « Santa Cruz, n’en a pas enregistré depuis 7 ans », ajoute le ministère dans un communiqué.
L’origine du foyer qui a fait trois morts parmi les passagers du MV Hondius, navire de croisière parti le 1er avril d’Ushuaïa, n’a pour l’instant pas été élucidée.
Juan Petrina, directeur de l’Epidémiologie de la province, a jugé mardi pour l’AFP « très improbable », la contagion locale à Ushuaïa d’un passager du Hondius avant l’embarquement, en raison de l’absence de virus dans la province, ainsi que du rat à longue queue, rongeur porteur.
Le ministère a souligné mercredi que « l’OMS précise que le degré de contact des passagers avec la faune locale pendant le voyage ou avant l’embarquement à Ushuaïa est inconnu ».




