Les scientifiques argentins sont toujours en train « d’analyse(r) des échantillons obtenus dans la périphérie d’Ushuaïa et dans le parc national Tierra del Fuego » (Terre de Feu) où ils avaient capturé à la mi-mai plus de 150 rongeurs, indique le ministère de la Santé dans un communiqué.
Mais en parallèle, le ministère a annoncé que des biologistes argentins de l’Institut Malbran, conjointement avec des pairs du Centre pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) américain, se rendront du 8 au 12 juin pour une mission similaire dans la province de Mendoza.
Province andine à plus de 3.000 km de la Terre de Feu, Mendoza n’a à ce jour pas de circulation avérée de la souche « Andes » de l’hantavirus, impliquée sur le Hondius et transmissible d’humain à humain. Contrairement à des provinces patagoniennes comme Chubut, Rio Negro et Neuquen.
Néanmoins, un rapport récent de l’université de Mendoza relève que « le risque n’est pas nul » du fait de la « présence potentielle du rongeur vecteur », Oligoryzomys longicaudatus, connu comme le rat à longue queue.
Les investigations argentines surviennent dans le sillage du foyer d’infection a bord du navire de croisière Hondius (13 cas confirmés, 3 décès), qui avait déclenché début mai une alarme mondiale. L’origine du foyer n’a toujours pas été identifiée.
Le Hondius avait appareillé le 1er avril d’Ushuaïa, sur la Terre de Feu, où le « patient zéro », un passager néerlandais depuis décédé, avait séjourné 48 heures avant d’embarquer.
Avant de venir à Ushuaïa, ce « patient zéro » avait sillonné pendant quatre mois l’Argentine, avec des incursions au Chili, où l’hantavirus est aussi présent, et en Uruguay. On ignore s’il avait séjourné à Mendoza.
Autorités et scientifiques de la Terre de Feu ont depuis un mois battu en brèche l’hypothèse selon laquelle la contamination du Hondius serait partie d’Ushuaïa. La province, soulignaient-ils, n’a pas eu de cas d’hantavirus depuis que sa notification est obligatoire, il y a 30 ans.
Les captures de rongeurs visaient à vérifier si c’est toujours le cas. Les résultats étaient attendus sous quatre semaines, avaient annoncé mi-mai les autorités sanitaires.
A Mendoza, la mission argentino-américaine dans le secteur de Malargue, en zone montagneuse, portera sur « la capture de rongeurs sauvages et des études destinées à détecter la possible circulation du virus (…) dans le cadre de l’enquête épidémiologique sur le foyer détecté à bord du navire de croisière MV Hondius », précise le ministère.
Les biologistes se rendront dans des sites peu habités. Le communiqué fait référence à l’Oligoryzomys longicaudatus, vecteur connu de la souche « Andes », ainsi qu’à l’Abrothrix hirta et l’Abrothrix olivacea, deux autres espèces de petits rongeurs sylvestres.




