Dans l’Atlantique, le navire MV Hondius est en route entre le Cap-Vert et Tenerife, dans l’archipel espagnol des Canaries, où il doit arriver ce weekend avant une évacuation des passagers prévue en début de semaine prochaine.
« Plus aucune personne n’a de symptômes à bord », a annoncé jeudi à la mi-journée le croisiériste Oceanwide Expeditions dans un communiqué.
Selon le site de suivi maritime Marine Traffic, le bateau devrait arriver aux Canaries dimanche en milieu de journée.
Les autorités sanitaires cherchent toujours à comprendre l’origine du foyer et identifier de possibles cas contact.
Il n’existe ni vaccin, ni traitement spécifique contre ce virus qui peut être contracté au contact de rongeurs et dont la souche des Andes, retrouvée sur des passagers infectés, est la seule à être connue pour des cas de transmission interhumaine.
Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la première contamination a eu lieu avant le début de l’expédition le 1er avril car le premier passager décédé, un Néerlandais de 70 ans, a présenté des symptômes dès le 6 avril.
« La période d’incubation – qui est le moment entre l’infection et le début des symptômes – est d’entre une et six semaines » mais, généralement, « plutôt autour de deux-trois semaines », a expliqué à l’AFP Anaïs Legand, experte technique sur les fièvres hémorragiques virales à l’OMS.
Donc la première personne contaminée « a eu très clairement une exposition avant d’embarquer sur le bateau, certainement liée à un rongeur », a-t-elle insisté.
– « Pas pris au sérieux » –
Les trois passagers décédés depuis le début de la croisière, qui reliait Ushuaïa en Argentine au Cap-Vert, sont un septuagénaire néerlandais, son épouse et une Allemande.
Un homme est hospitalisé à Johannesburg, un autre à Zurich (Suisse) et trois personnes ont été évacuées du bateau via le Cap-Vert mercredi: deux sont arrivées mercredi soir à Amsterdam et l’une prise en charge au centre médical universitaire de Leyde (LUMC), aux Pays-Bas, l’autre, cas contact asymptomatique, à l’hôpital de Düsseldorf (Allemagne). Jeudi matin, l’avion transportant le troisième évacué s’est posé à Amsterdam sans que l’on sache dans l’immédiat où il serait examiné.
Une hôtesse de l’air de la compagnie néerlandaise KLM est par ailleurs en cours de dépistage jeudi après avoir présenté de légers symptômes, selon le ministère néerlandais de la Santé. Selon le média RTL nieuws, cette femme, hospitalisée à Amsterdam, a été en contact avec la passagère néerlandaise décédée.
KLM avait signalé mercredi qu’une personne décédée après avoir voyagé à bord du MV Hondius était montée « brièvement » à bord d’un de ses avions reliant Johannesburg à Amsterdam, mais débarquée avant le décollage.
Des inquiétudes montent aussi sur l’île de Sainte-Hélène, où 29 passagers ont quitté le navire le 24 avril, selon le croisiériste.
Tous ont été « contactés » et « nous nous efforçons de recenser tous les passagers et membres d’équipage qui ont embarqué et débarqué aux différentes escales du MV Hondius », a ajouté la compagnie.
Parmi ces passagers débarqués, un vidéaste turc, Ruhi Çenet, a déploré mercredi auprès de l’AFP que l’équipage n’ait « pas pris le problème suffisamment au sérieux ». Jusqu’à ce débarquement, « la vie a poursuivi son cours » sur le bateau malgré la mort du passager néerlandais le 11 avril et l’équipage n’a pas « envisagé la possibilité d’une telle maladie contagieuse », a-t-il raconté.
Dans son communiqué jeudi, le croisiériste a fait valoir que « le premier cas confirmé » n’a « pas été rapporté » avant le 4 mai.
– Risque « faible » –
Le MV Hondius, qui a quitté mercredi la baie de Praia, au Cap-Vert, avec une vingtaine de nationalités différentes à bord, est attendu ce weekend à Granadilla, à Tenerife, malgré l’opposition des autorités locales.
« Tous les passagers resteront à bord du navire de croisière jusqu’à l’arrivée » des avions chargés de les rapatrier, a indiqué le ministère espagnol de l’Intérieur.
« Un dispositif conjoint d’évaluation sanitaire et d’évacuation sera mis en place pour rapatrier tous les passagers, à moins que leur état de santé ne l’empêche », a souligné la ministre espagnole de la Santé, Mónica García Gómez.
Les pays de l’UE doivent prendre en charge leurs ressortissants, éventuellement aidés par la Commission européenne, tandis que l’évacuation des passagers extra-européens est toujours en préparation.
Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a indiqué à l’AFP qu’il « ne pens(ait) pas » que la situation soit similaire à celle du début de la pandémie de Covid-19. « Pour l’instant, le risque pour le reste du monde est faible », selon lui.
Selon l’itinéraire reconstitué par les autorités argentines, le couple de Néerlandais décédés était en Amérique du Sud depuis fin novembre, et a voyagé plusieurs mois entre Argentine, Chili, Uruguay et de nouveau Argentine fin mars, avant d’embarquer sur le navire à Ushuaïa le 1er avril.
L’hantavirus est endémique dans certaines régions d’Argentine, andines notamment, avec au moins une soixantaine de cas par an ces dernières années.
burs-jmo/glr




