Journées mortes dans les ports: des actions de Boulogne-sur-Mer à Sète

Brest, 30 mars 2023 (AFP) – « Si on n’a plus de poissons, c’est toute la filière qui coule »: de Boulogne-sur-Mer à Sète en passant par Brest, des centaines de pêcheurs en colère contre les réglementations ont lancé jeudi une opération inédite « filière morte ».

A Brest, plusieurs centaines de pêcheurs se sont rassemblés sur le port, tirant des fusées de détresse et faisant brûler des fumigènes, depuis leurs chalutiers et des incidents ont éclaté à la mi-journée, a constaté un journaliste de l’AFP.

Malgré les appels réitérés du comité régional des pêches de Bretagne à des actions pacifiques, des manifestants ont allumé des feux avec des poubelles notamment devant le siège de l’Office français de la biodiversité (OFB) à Brest, visé par des tirs de fusées et des jets de projectiles.

Un manifestant a été blessé à la gorge par une fusée tirée par un autre manifestant, selon le journaliste de l’AFP.

Les professionnels dénoncent des « réglementations européennes inadaptées », notamment l’interdiction de la pêche de fond dans les aires marines protégées d’ici à 2030, et la décision du Conseil d’Etat imposant d’ici à six mois la fermeture de certaines zones de pêche en Atlantique afin de préserver les dauphins dont les échouages se sont multipliés dans le golfe de Gascogne.

Pour la Bretagne, « tous les ports et les navires sont à l’arrêt », a indiqué Jacques Doudet, secrétaire général du comité régional des pêches de Bretagne.

A Brest, les pêcheurs avaient prévu de marcher sur la criée et les quais pour distribuer des tracts aux passants, de même à Saint-Malo et vendredi à Lorient.

A Boulogne-sur-Mer, principal port français où plus aucun bateau ne débarque sa pêche depuis dimanche soir, à 6H00 jeudi matin, le seul mouvement était celui d’un mannequin en ciré jaune, pendu à la grue d’un bateau, balancé au gré du vent, selon un correspondant de l’AFP.

Au Havre également, une soixantaine de bateaux bloquaient le port, a constaté une correspondante de l’AFP.

Selon la préfecture de Seine-Maritime, une cinquantaine de marins-pêcheurs bloquaient aussi un rond-point devant le siège havrais de la direction territoriale d’Haropa.

Les pêcheurs normands menaient une « opération péage gratuit » sur le pont de Normandie, mobilisant une centaine de personnes.

Le secrétaire d’Etat chargé de la Mer, Hervé Berville, qui s’est dit « solidaire de l’esprit du mouvement », est attendu dans la journée aux Sables-d’Olonne (Vendée) pour rencontrer le comité régional des pêches maritimes et des élevages marins des Pays-de-la-Loire (Corepem).

– « Pour l’avenir » –

L’appel national invitait aussi mareyeurs et vendeurs de produits de la mer à se joindre au mouvement.

« Si on n’a plus de poissons, c’est toute la filière qui coule. On peut trouver du poisson ailleurs mais on préfère travailler avec une pêche française, durable, qui sait ce qu’elle fait », a fait valoir à un correspondante de l’AFP Simon Paitrault, poissonnier de 30 ans, à Saint-Jean-de-Luz.

Dans la cité luzienne, où au lendemain du blocage du port de commerce de Bayonne, une quarantaine de pêcheurs ont défilé sur la criée, pour sensibiliser les consommateurs à coups de tracts et pétition, tandis que des poissonniers ont baissé le rideau.

Du côté des mareyeurs boulonnais, « c’est compliqué », souffle Alexis Delplanque, employé chez Martin Marée, qui travaille la coquille Saint-Jacques. « En ce moment, il n’y a rien sur les quais, alors on fait tout venir par la route, depuis Dieppe ».

Le blocage des pêcheurs ? « Cela nous gêne un peu, mais ils n’ont pas le choix. C’est pour l’avenir. »

Le comité national des pêches a lancé ces journées « d’action unitaire » dans un climat de tensions jamais vu depuis la crise du Brexit, alors que depuis plusieurs jours, la colère monte, illustrée par des manifestations musclées à Rennes ou Lorient et les blocages à Boulogne.

Les pêcheurs réclament entre autres le paiement des aides gazole, dont « certaines n’ont pas été versées depuis six mois », selon le comité national.

A Sète (Hérault) 150 à 200 pêcheurs se sont réunis « pour faire un état des revendications », a indiqué à l’AFP Bertrand Wendling, directeur général de la Sathoan, une coopérative.

« Demain, si rien n’est fait, on n’aura plus de pêche française en Méditerranée », a prévenu M. Wendling.

bur-aag-mat-bj-cas-lg/mb/tes

Les Infos Mer de M&O

Un « Thanksgiving » un peu… électrique au Pôle Sud

Par Eric Chevreuil,  Français de Los Angeles en mission sur une base américaine en Antarctique.   *** Pour nous, Thanksgiving tombe le samedi. Le premier Thanksgiving daterait...

Au cœur de la station Amundsen Scott

Le C-130 de McMurdo n’a eu de cesse de reporter son départ à cause de la météo. Finalement, il est parti à 21h00...

La station Amundsen-Scott

La station américaine Amundsen-Scott est l’habitation terrestre la plus au sud de notre planète, et non, nous n’y vivons pas la tête en...

La Fondation Jacques Rougerie missionnée pour construire le premier musée de Tuvalu

À l’occasion de la COP30, un projet inédit et hautement symbolique a été dévoilé au Climate Mobility Pavilion : la création d’un Musée pour Tuvalu, conçu pour préserver la mémoire, l’identité et le patrimoine d’un pays menacé par la montée des eaux. Au cœur de cette initiative mondiale : la Fondation Jacques Rougerie – Académie des Beaux-Arts, reconnue pour son expertise unique en architecture biomimétique et océanique.

15 novembre 1634 : premier règlement de discipline de la Marine par le cardinal de Richelieu

Dès que la capitulation de la Rochelle, en 1628, eut délivré le cardinal de Richelieu de son principal souci, il résolut de créer...

Carine Tramier, Présidente du Corimer : « Innover, c’est s’adapter et transformer la contrainte en opportunité ! » Les Grands fonds marins – 1

Où en sommes-nous ? L'innovation, pour l'industrie navale et maritime, est un moteur de l'innovation. Pour les grands fonds, l'acquisition des connaissances sur les...

Plus de lecture

M&O 288 - Septembre 2025

Colloque Souveraine Tech du 12 sept 2025

Alors qu'il était Premier Consul, Napoléon Bonaparte déclara le 4 mai 1802 au Conseil d'État, "L’armée, c’est la nation". Comment ce propos résonne t-il à un moment de notre histoire où nous semblons comprendre à nouveau combien la nation constitue et représente un bien à défendre intelligemment ? Par ailleurs, si la technologie est le discours moral sur le recours aux outils et moyens, au service de qui ou de quoi devons-nous aujourd'hui les placer à cette fin, en de tels temps incertains ? Cette journée face à la mer sous le regard de Vauban sera divisée en tables rondes et allocutions toniques.

ACTUALITÉS

Le Bénin et la mer

Découvrez GRATUITEMENT le numéro spécial consacré par Marine & Océans au Bénin et la mer

N° 282 en lecture gratuite

Marine & Océans vous offre exceptionnellement le numéro 282 consacré à la mission Jeanne d’Arc 2024 :
  • Une immersion dans la phase opérationnelle de la formation des officiers-élèves de l’École navale,
  • La découverte des principales escales du PHA Tonnerre et de la frégate Guépratte aux Amériques… et de leurs enjeux.
Accédez gratuitement à la version augmentée du numéro 282 réalisé en partenariat avec le Centre d’études stratégiques de la Marine et lÉcole navale

OCÉAN D'HISTOIRES

« Océan d’histoires », la nouvelle web série coanimée avec Bertrand de Lesquen, directeur du magazine Marine & Océans, à voir sur parismatch.com et sur le site de Marine & Océans en partenariat avec GTT, donne la parole à des témoins, experts ou personnalités qui confient leurs regards, leurs observations, leurs anecdotes sur ce « monde du silence » qui n’en est pas un.