L’instance, qui chapeaute le football amateur dans l’archipel, était déjà sous le coup d’une procédure collective depuis 2016, avec un plan de continuation prévoyant l’apurement de ses dettes. Mais elle n’a pas honoré la dernière échéance et a accumulé dans le même temps d’autres impayés, au point qu’un administrateur provisoire a été désigné en octobre 2025.
Celui-ci considère aujourd’hui « que la Ligue de Guadeloupe n’est pas en mesure de se redresser » et a saisi le tribunal de commerce pour « déposer le bilan de la Ligue et solliciter l’ouverture d’une procédure de liquidation judiciaire », a expliqué Jean-François Vilotte, le directeur général de la Fédération française de football (FFF).
Ce serait « à ma connaissance la première liquidation judiciaire d’une ligue », a-t-il ajouté.
Parallèlement, un signalement au parquet au titre de l’article 40 du code de procédure pénale va être déposé, a déclaré M. Vilotte, qui estime que les « responsabilités civiles ou pénales de ceux qui ont mis la Ligue dans cette situation doivent être recherchées ».
Dans son viseur, l’ex-président de la LGF, Jean Dartron, condamné en septembre 2025 par le tribunal correctionnel de Pointe-à-Pitre à un an de prison avec sursis, 15.000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité, notamment pour prise illégale d’intérêts. Il a depuis fait appel.
Le dirigeant, également vice-président du conseil départemental, est soupçonné d’avoir utilisé son poste pour faire voter près de 200.000 euros de subventions en faveur de la Ligue, mais aussi d’avoir effectué des dépenses personnelles avec cet argent. Jean Dartron a quitté en octobre 2025 la direction de la LGF.
Pour éviter la paralysie du football guadeloupéen, la FFF a demandé au tribunal une « poursuite d’activité exceptionnelle » jusqu’à la fin de la saison, a précisé M. Vilotte. Elle ouvrira une ligne de crédit pour assurer le fonctionnement de la Ligue pendant cette période transitoire.
À l’issue de cette phase, une nouvelle structure devra voir le jour. « On va se donner les moyens humains, avec l’ensemble des acteurs guadeloupéens, de créer les conditions pour qu’il n’y ait aucune interruption des activités », a assuré le directeur général de la FFF, évoquant un travail pour « renouer un climat de confiance ».




