Le ministère norvégien des Affaires étrangères a confirmé la semaine dernière à l’agence de presse locale NTB que certaines licences d’exportation d’armes vers la Malaisie avaient été révoquées, mais a déclaré ne pas pouvoir commenter les contrats individuels pour des raisons de confidentialité.
« Ce changement fait suite à un renforcement des contrôles sur certaines technologies », a indiqué le ministère dans un communiqué adressé à NTB.
Le Premier ministre malaisien Anwar Ibrahim a déclaré jeudi avoir fait part de la « vive opposition » de son pays lors d’un entretien téléphonique avec son homologue norvégien Jonas Gahr Stoere, soulignant que cette décision était « unilatérale et inacceptable ».
« Les contrats signés sont des instruments solennels », a affirmé M. Anwar dans un communiqué publié sur Facebook.
« Si les fournisseurs européens de matériel de défense se réservent le droit de revenir sur leurs engagements en toute impunité, leur valeur en tant que partenaires stratégiques se volatilise », a-t-il poursuivi.
« J’ai clairement fait savoir que cette décision aura de graves conséquences sur la capacité opérationnelle de la Malaisie en matière de défense et sur le programme de modernisation des navires de combat littoral (LCS). Elle aura sans aucun doute des répercussions plus larges sur l’équilibre régional », a-t-il ajouté.
La Malaisie a approuvé le contrat du projet LCS en 2011, pour un montant initial de six milliards de ringgits (1,5 milliard de dollars) portant sur six navires.
Depuis, ce projet a été entaché d’allégations de mauvaise gestion et d’une augmentation des coûts au fil des ans, alors que les navires n’ont toujours pas été livrés.
A la suite d’un réexamen par le gouvernement, le projet a été relancé en 2023, le nombre de navires ayant été ramené à cinq. La livraison du premier navire, initialement prévue pour août, a été repoussée à décembre en raison de retards dans la livraison d’équipements et de travaux de retouche en cours, ont déclaré des responsables.
Le ministre malaisien de la Défense, Mohamed Khaled Nordin, a déclaré jeudi que son ministère avait formé un comité spécial chargé d’évaluer les éventuelles poursuites judiciaires à l’encontre du fournisseur du système de missiles, Kongsberg Defence & Aerospace AS, à la suite de l’annulation du contrat d’achat.
« Un comité spécial au niveau du ministère a été mis en place pour détailler les demandes d’indemnisation, qui ne se limitent pas au remboursement des paiements déjà effectués, mais incluent également les dommages-intérêts résultant de la rupture de contrat », a dit le ministre aux journalistes.




