Le transport maritime en quête de solutions pour réduire son impact sur l’environnement

– L’impact écologique du secteur

Le transport maritime représente 2,3% des émissions de CO2, selon Armateurs de France, l’organisation professionnelle des entreprises de transport maritime. La part du transport aérien s’élève elle à 2%, estime l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI).

Mais les plus de 90.000 navires (vraquiers, pétroliers, porte-conteneurs, etc.) qui constituent la flotte commerciale mondiale sont propulsés principalement par du fioul lourd, carburant à forte teneur en oxydes de soufre et d’azote et en particules fines.

Et si le transport maritime représente près de 3% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, « son empreinte environnementale devrait passer à 17% d’ici 2050 si rien n’est fait », estime l’Institut supérieur d’économie maritime (Isemar). Le volume de fret maritime doit en effet être multiplié par plus de quatre d’ici là.

– Des engagements déjà pris

L’Organisation maritime internationale (OMI) a décidé de limiter dès 2020 le taux de soufre dans le carburant marin à 0,5%, contre 3,5% actuellement (en dehors des zones sensibles où il est déjà limité à 0,1%).

L’OMI a par ailleurs adopté en avril 2018 une stratégie pour réduire les émissions de CO2 du secteur d’au moins 40% d’ici 2030 par rapport à 2008 et de 50% d’ici 2050.

Mais « les négociations achoppent sur l’adoption des mesures de court terme » pour mettre en oeuvre cette stratégie, a reconnu le gouvernement français à l’issue d’une réunion de l’OMI en mai.

.

– Améliorer le carburant ou renoncer aux énergies fossiles

Pour respecter les nouvelles normes l’an prochain, les armateurs devront utiliser un fioul marin à basse teneur en soufre. Mais un tel carburant gardera une empreinte carbone forte, d’autant qu’il sera davantage transformé en raffinerie.

Ils pourront aussi installer des épurateurs de fumée (« scrubbers ») ou se tourner vers des modes de propulsion alternatifs. Le gaz naturel liquéfié (GNL) –adopté pour les futurs navires de plusieurs compagnies françaises– semble la solution privilégiée aujourd’hui, mais il exige des infrastructures d’approvisionnement, des capacités de stockage spécifiques à bord et un moteur adapté.

Autres pistes qui ne sont pour l’heure actuelle pas forcément très adaptées aux longs parcours: les biocarburants, l’hydrogène ou l’électrique, voire la réinvention de navires à voile.

– Ralentir les bateaux

Considéré par Emmanuel Macron comme l' »un des moyens les plus efficaces pour réduire les émissions », la réduction de la vitesse des navires a été proposée par la France à l’OMI en avril.

Par exemple, un pétrolier qui abaisse sa vitesse de 12 à 11 noeuds (22,2 à 20,4 km/h) réduit sa consommation de 18%, la réduction atteignant 30% s’il n’avance qu’à 10 noeuds (18,5 km/h), selon le ministère français de la Transition écologique.

Réduire la vitesse limite aussi la pollution sonore et diminue les risques de collisions avec les baleines.

L’OMI a renvoyé le débat en novembre.

– Protéger certaines zones

Le groupe français CMA CGM s’est engagé vendredi à ne jamais emprunter le passage du Nord-Est, une voie maritime passant au large de la Sibérie que le réchauffement climatique va bientôt rendre praticable.

Le numéro trois mondial du transport maritime par conteneurs prend ainsi un risque face à ses concurrents, puisque cette voie beaucoup plus courte doit permettre de gagner en temps –une à deux semaines– et en carburant par rapport à la route classique via le canal de Suez. Il ouvre aussi le débat sur la protection de l’Arctique.

La France milite parallèlement pour que soit mise en place une zone de réglementation des émissions de polluants en mer Méditerranée d’ici 2022, comme il en existe déjà dans la Manche et la mer du Nord, ainsi que dans la Baltique.

– Agir aussi dans les ports

C’est moins connu: les navires continuent à brûler du carburant lorsqu’ils sont à quai, aggravant la pollution. L’idée est tout bêtement de les brancher au système électrique du port, mais ni les infrastructures à terre, ni les bateaux eux-mêmes n’ont été pensés pour une telle connexion. La Méridionale (groupe Stef) et Corsica Lines tentent l’expérience à Marseille.

liu-mra/jmi/aue/az

STEF

Les Infos Mer de M&O

Un marathon au Pôle Sud ! (par Éric Chevreuil)

Une de mes blagues favorites, quand on me demande si j’ai vu des extra-terrestres en Antarctique, est de répondre que oui, car ils...

Un dimanche presque parfait (par Éric Chevreuil)

Les dimanches pour moi sont presque toujours les mêmes : réveil 05 h 00 du matin, lessive, petit déjeuner et journal de la...

Industrie navale : après une année 2025 « exceptionnelle », de sérieux défis à relever (par Energies de la Mer)

Les Rencontres de l’industrie navale organisées par le Gican — présidé par Pierre-Eric Pommellet et dirigé par Philippe Missoffe —, se sont tenues...

« La mer impose une vision à long terme » (Nathalie Mercier-Perrin) – Entretien avec Brigitte Bornemann (Energies de la Mer).

Présidente du Cluster Maritime Français depuis deux ans, Nathalie Mercier-Perrin s'apprête à présenter un document de référence intitulé "Pour une France maritime, une vision,...

RWE rafle 7 GW sur les 8,4 GW de « la plus grande vente aux enchères d’éoliennes offshore jamais organisée en Europe ».

  Par Jonathane Polier pour ENERGIES DE LA MER   Le gouvernement britannique a attribué une capacité record de 8,4 GW d'éoliennes en mer dans le...

La science au Pôle Sud

Le Pôle Sud est un endroit idéal pour faire de la recherche. L’air y est pur et clair (malgré les gaz d’échappement de...

Plus de lecture

M&O 289 - Décembre 2025

Colloque Souveraine Tech du 12 sept 2025

Alors qu'il était Premier Consul, Napoléon Bonaparte déclara le 4 mai 1802 au Conseil d'État, "L’armée, c’est la nation". Comment ce propos résonne t-il à un moment de notre histoire où nous semblons comprendre à nouveau combien la nation constitue et représente un bien à défendre intelligemment ? Par ailleurs, si la technologie est le discours moral sur le recours aux outils et moyens, au service de qui ou de quoi devons-nous aujourd'hui les placer à cette fin, en de tels temps incertains ? Cette journée face à la mer sous le regard de Vauban sera divisée en tables rondes et allocutions toniques.

ACTUALITÉS

Le Bénin et la mer

Découvrez GRATUITEMENT le numéro spécial consacré par Marine & Océans au Bénin et la mer

N° 282 en lecture gratuite

Marine & Océans vous offre exceptionnellement le numéro 282 consacré à la mission Jeanne d’Arc 2024 :
  • Une immersion dans la phase opérationnelle de la formation des officiers-élèves de l’École navale,
  • La découverte des principales escales du PHA Tonnerre et de la frégate Guépratte aux Amériques… et de leurs enjeux.
Accédez gratuitement à la version augmentée du numéro 282 réalisé en partenariat avec le Centre d’études stratégiques de la Marine et lÉcole navale

OCÉAN D'HISTOIRES

« Océan d’histoires », la nouvelle web série coanimée avec Bertrand de Lesquen, directeur du magazine Marine & Océans, à voir sur parismatch.com et sur le site de Marine & Océans en partenariat avec GTT, donne la parole à des témoins, experts ou personnalités qui confient leurs regards, leurs observations, leurs anecdotes sur ce « monde du silence » qui n’en est pas un.