Les acteurs bretons des énergies marines plaident leur cause face à Claude Bartolone

“Nous étions les premiers en France à développer des démonstrateurs, mais maintenant nous sommes à la traîne”, a regretté Christophe Chabert, à la tête de la filière éolienne de DCNS, réclamant une feuille de route pour l’éolien flottant. “On a besoin de ce message et de cette volonté politique (…) pour pouvoir aller vers l’ère industrielle des EMR”.

Sabella, PME spécialisée dans les hydroliennes, ces turbines géantes produisant de l’électricité grâce aux courants marins, a également réclamé un appel à projets pour des fermes pilotes, étape suivant la mise en place de démonstrateurs et précédant le lancement de projets commerciaux. Cela pourrait “créer des synergies industrielles”, a assuré Jean-Christophe Allo, chef de projet au sein de l’entreprise, à la peine pour boucler le financement de son hydrolienne de démonstration, destinée à une zone de forts courants au large du Finistère.

“L’importance d’une maritimisation du monde n’a pas encore été comprise”, a expliqué Hervé Moulinier, vice-président du Pôle Mer Bretagne. “A partir du moment où l’on a des installations en mer on peut développer toute une économie autour”, a-t-il assuré, citant l’économie des navires, les ports et les ressources biologiques, comme des fermes aquacoles ou d’algoculture. Il a aussi regretté la lenteur de l’action publique: “même une fois la décision prise la mise en oeuvre est très lente”.

“Quatre ports ont fait le pari en France d’accompagner le développement de cette filière industrielle”, a assuré Jean-Jacques Le Norment, chef de projet pour le développement du port de Brest, propriété de la région, citant Brest, Le Havre, Cherbourg et Saint-Nazaire. “Ils parient sur un avenir qui semble prometteur à l’étranger, mais qui a un peu de mal à se mettre en place en France”, a-t-il regretté.

“Je suis persuadé que la transition énergétique doit bénéficier d’un portage politique”, a reconnu Claude Bartolone au terme de la rencontre. “L’Etat a besoin de montrer aussi bien au niveau fiscal que des financements que nous croyons à ces filières”, a-t-il ajouté.

Les EMR sont un marché en plein décollage qui inclut des technologies à des stades de développement variés, incluant les éoliennes en mer fixes et flottantes, les hydroliennes, les houlomoteurs, et autres systèmes exploitant l’énergie thermique des mers.