L’Europe veut lutter plus efficacement contre la piraterie en Afrique de l’Ouest

“L’UE développe une stratégie dans le Golfe de Guinée”, a déclaré mercredi le vice-amiral Jurgen Ehle, à la tête d’une mission militaire européenne en Afrique de l’Ouest, ajoutant que les dirigeants aimeraient finaliser leur plan “d’ici fin octobre”.

L’envoi de navires de guerre, une des mesures qui avait permis de faire baisser le nombre des attaques au large de l’Afrique de l’Est, ne fait cependant pas partie du plan pour l’Afrique de l’Ouest, a précisé M. Ehle, qui s’est exprimé lors d’une conférence sur la sécurité maritime.

La mission de l’UE se focalisera sur la coordination des armées de la région et sur la formation, a-t-il indiqué.

“Le point central de cette stratégie (…) est moins d’envoyer des navires”, a déclaré l’officier allemand, que de donner “des conseils militaires” et de mettre en place des programmes civils de lutte contre la pauvreté, notamment, pour mettre fin à la violence dans cette région.

Le nombre d’attaques dans le Golfe de Guinée, qui baigne le Nigeria, le Bénin et le Togo, est passé de 39 en 2010 à 62 en 2012, selon le décompte du centre de réflexion britannique Chatham House.

Et selon un récent rapport du Bureau maritime international (BMI), il y a eu plus d’attaques de navires dans le Golfe de Guinée en 2012 qu’au large des côtes somaliennes.

La plupart des actes de piraterie y visent les pétroliers et leur précieuse marchandise, revendue au marché noir.

Premier producteur de pétrole d’Afrique, avec environ deux millions de barils par jour, le Nigeria a été le premier pays de la zone à subir de nombreuses attaques de pirates au large de ses côtes.

Plusieurs des plus grosses compagnies pétrolières, telles que l’anglo-néerlandais Shell et l’américain ExxonMobil, sont présentes dans la région.

“Il serait stupide de ne pas admettre que la protection des ressources énergétiques repésente un intérêt pour nous”, a reconnu M. Ehle.

L’UE cherche aussi à combattre le trafic de drogue dans les ports ouest-africains et la pêche illégale, a-t-il ajouté.

M. Ehle a mentionné le succès des patrouilles internationales dans le Golfe d’Aden, dans lesquelles l’UE est engagée auprès de l’OTAN et la Chine. Les pirates, somaliens pour la plupart, perturbent les échanges maritimes dans cette région et notamment le transport de pétrole du Moyen-Orient.

La situation en Somalie est cependant “totalement différente” a souligné M. Ehle, pour justifier l’envoi de navires de l’UE dans le Golfe d’Aden et non dans le Golfe de Guinée.

La Somalie est instable depuis deux décennies alors que les armées ouest-africaines sont considérées comme capables de lutter elles-mêmes contre la piraterie.