Après des accusations de Washington, le vice-ministre, Majid Takht-Ravanchi, a assuré que son pays ne posait pas de mines dans le détroit d’Ormuz, point de passage stratégique pour le pétrole mondial, que certains navires ont été autorisés à franchir, selon lui.
La guerre a débuté le 28 février par des frappes d’Israël et des États-Unis, tuant le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei. Téhéran a riposté en ciblant des États du Golfe, qui abritent des bases et des intérêts américains.
« Nous ne voulons pas être traités ainsi à l’avenir », a affirmé M. Takht-Ravanchi dans un entretien à l’AFP, disant ne plus vouloir qu’une « guerre soit encore imposée » à l’Iran.
La précédente guerre date de juin 2025. Washington s’était joint à son allié israélien contre Téhéran.
Après 12 jours, « il y a une cessation des hostilités (…) mais après huit ou neuf mois, ils se sont unis et ont fait la même chose », a déploré M. Takht-Ravanchi.
« Avant que la guerre ne commence, à différentes occasions nous avons informé nos voisins que si l’Amérique prenait part à l’agression contre l’Iran, tous les intérêts américains et toutes les bases américaines seraient des cibles légitimes pour l’Iran », a déclaré le vice-ministre.
« Nous agissons en légitime défense. Nous continuerons à agir en légitime défense aussi longtemps que nécessaire », a-t-il poursuivi.
– « Pas vrai » –
La guerre qui a embrasé le Moyen-Orient a fait grimper les prix du pétrole en raison du blocage quasi total du détroit d’Ormuz par Téhéran, « la plus importante perturbation » de l’approvisionnement en or noir de l’histoire, selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE).
Washington craint que l’Iran ne mine le détroit, le président Donald Trump ayant affirmé que 28 navires « poseurs de mines » iraniens avaient été frappés.
« Ce n’est pas vrai », a rétorqué Majid Takht-Ravanchi.
« Dans nos eaux territoriales du sud, près du Golfe, nous prenons les mesures nécessaires pour nous préparer à protéger notre eau et notre patrie », a-t-il affirmé, sans détailler.
Le haut responsable a assuré que « des pays » avaient demandé à emprunter le détroit et que Téhéran avait « coopéré avec eux ».
Il n’a pas nommé ces pays, mais a indiqué que ceux qui se sont joints aux États-Unis et à Israël « ne devraient pas, du point de vue iranien, bénéficier d’un passage sûr ».
Plusieurs navires affichent depuis la semaine dernière ouvertement un lien avec la Chine alors qu’ils naviguent ou stationnent dans la région du Golfe, certains en passant le détroit d’Ormuz, selon les données du site MarineTraffic analysées par l’AFP.
Pour mettre fin aux hostilités, « des pays amis » ont proposé leur aide, a indiqué le vice-ministre iranien, sans préciser lesquels.
« Nous leur disons (…) que nous voulons que le cessez-le-feu fasse partie d’une proposition d’ensemble devant mettre totalement fin à la guerre », a-t-il dit à l’AFP.
« Les Américains et les Israéliens pensaient qu’en 24 ou 48 heures, tout le système (iranien) allait s’effondrer et cela n’a pas été le cas », a-t-il souligné. « L’ennemi est conscient que le système est assez fort pour tenir debout ».
« Nous devons agir de manière à ce que la menace de guerre soit définitivement écartée de notre pays et nous ne devons pas permettre à nos ennemis de poursuivre leurs agressions en toute impunité, de déclencher une guerre à leur guise puis de déclarer un cessez-le-feu après avoir subi un revers », a déclaré de son côté le porte-parole de la diplomatie, Esmaïl Baghaï, à l’agence iranienne Mehr.




