« A titre purement préventif, compte tenu du temps nécessaire au transfert et au redéploiement des moyens, nous prévoyons de positionner deux dragueurs de mines relativement plus près du détroit » d’Ormuz, a expliqué le ministre Guido Crosetto devant le Parlement.
Ces deux navires seront déployés « dans un premier temps en Méditerranée orientale, puis en mer Rouge, dans le cadre des missions +Mediterraneo Sicuro+ (+Méditerranée sûre+, ndlr) et +Aspides+ déjà en cours », a précisé le ministre.
Guido Crosetto a insisté sur le fait que la condition préalable à tout déploiement militaire ne serait pas le cessez-le-feu « temporaire » actuellement en vigueur entre l’Iran et les Etats-Unis « mais une trêve réelle, crédible et stable, voire, mieux encore, une paix définitive ».
Il a également indiqué qu’une éventuelle mission dans le détroit d’Ormuz ne pourrait avoir lieu qu’avec l’aval préalable des parlementaires.
Mi-avril, plusieurs pays non directement impliqués dans le conflit déclenché le 28 février par les frappes américano-israéliennes sur l’Iran se sont dits prêts à mettre en place une « mission neutre » afin de sécuriser le détroit, lors d’une conférence coprésidée à Paris par le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre britannique Keir Starmer, à laquelle a participé l’Italie.
L’objectif est « d’accompagner et sécuriser les navires marchands qui transiteront dans le Golfe », avait déclaré Emmanuel Macron, tandis que Keir Starmer avait parlé d’une force « pacifique et défensive », une mission censée démarrer lorsque l’Iran et les Etats-Unis accepteront de lever leurs blocus respectifs, et en concertation avec ces deux pays.
« Aujourd’hui, 40 pays envisagent de contribuer à rendre le détroit d’Ormuz libre et navigable dès que les conditions le permettront. Pas moins de 24 de ces pays ont déjà manifesté leur volonté de principe de participer avec des moyens hautement spécialisés, utiles par exemple pour déminer la zone maritime », a détaillé le ministre italien de la Défense devant les députés.
« Dans l’hypothèse où la paix surviendrait, il faudrait presque un mois de navigation à l’ensemble des unités des nations alliées (impliquées) pour atteindre le golfe Persique. Voilà pourquoi nous nous organisons, nous aussi, pour nous rapprocher de cette zone tout en restant à distance de sécurité », a-t-il expliqué.




