Mercure, PCB, dioxines : deux portions de poisson par semaine, pas plus, dit l’Anses

Dans un avis rendu public vendredi, l’Anses précise que sur les deux portions recommandées, il faut une portion de poisson gras (saumon, sardine, maquereau, hareng ou truite fumée).

Mais l’agence émet également de sérieux bémols sur la consommation de plusieurs espèces de poissons d’eau douce et de certaines autres espèces, en particulier par les populations les plus à risque comme les femmes enceintes ou les jeunes enfants.

Saisie il y a un an par les autorités pour faire le point, l’Anses indique avoir « étudié différents scénarios » en tenant compte à la fois des « effets bénéfiques sur la santé » de la consommation des acides gras oméga 3 qu’on trouve principalement dans les poissons gras et du niveau de contamination des poissons en dioxine, MeHg (mercure organique) et PCB (polychlorobiphényles, isolant utilisé dans l’industrie) « dont l’action toxique est particulièrement importante pendant la période périnatale ».

Les effets positifs des oméga 3 ont fait l’objet de nombreuses études scientifiques ces dernières années, qu’il s’agisse de leur effet protecteur face à certains cancers, comme celui du sein, ou de leur intérêt pour le coeur. Ils pourraient également jouer un rôle dans le fonctionnement cérébral.

Mais un nombre croissant d’experts s’inquiètent de l’aggravation de la pollution des eaux de mer et de rivières par des produits toxiques allant des hydrocarbures aux métaux lourds: selon une étude publiée en janvier dernier juste avant l’adoption d’une Convention internationale sur le mercure, la déforestation dans le monde s’est traduite par un déversement dans les lacs et rivières de quelque 260 tonnes de mercure auparavant retenues dans les sols, tandis que les quantités de mercure présentes dans les 100 premiers mètres de profondeurs des océans ont doublé en 100 ans.

Varier espèces ou approvisionnement

L’agence précise avoir fixé sa recommandation pour la population générale afin de permettre une « couverture optimale » des besoins en nutriments tout en limitant les risques de contamination. Mais pour bien faire, les consommateurs sont incités à manger leurs deux portions de poisson « en variant les espèces et les lieux d’approvisionnement (sauvage, élevage, lieux de pêche) dans le cadre d’une alimentation diversifiée ».

La consommation de poissons d’eau douce fortement bio-accumulateurs (anguille, barbeau, brème, carpe, silure) est pour sa part limitée à 2 fois par mois pour la population générale, mais à une fois tous les deux mois pour les femmes en âge de procréer, enceintes ou allaitantes ainsi que les enfants de moins de trois ans, les fillettes et les adolescentes.

Les femmes enceintes ou allaitantes ainsi que les jeunes enfants sont également invités à limiter leur consommation de poissons prédateurs sauvages (lotte, loup ou bar, bonite, anguille, grenadier, flétan, brochet, dorade, raie, sabre, thon) et même à éviter celle d’espadon, marlin, siki, requin « en raison du risque lié au mercure ».

Mais l’Anses relève que les produits de la mer et des rivières peuvent également être contaminés par des microorganismes d’origine humaine ou animale qui sont majoritairement détruits par la cuisson et met en garde tout le monde contre la consommation de produits crus ou insuffisamment cuits, qu’il s’agisse de poissons ou de coquillages.

La consommation de ces produits est spécifiquement déconseillés aux populations « sensibles » (femmes enceintes, jeunes enfants, personnes âgées, ou immunodéprimées ou souffrant de pathologies comme le cancer ou le diabète) tout comme celle de crustacés décortiqués vendus cuits.

L’Anses rappelle enfin qu’il faut cuire le poisson de mer frais « à coeur » et qu’il faut « éviter la consommation de coquillages s’ils ne proviennent pas d’une zone d’élevage autorisée et contrôlée ».

Quant aux amateurs de sushis faits maison, il leur est conseillé de congeler le poisson utilisé « pendant 7 jours afin de détruire les parasites potentiellement présents ».

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