« Nous allons protéger le Danemark, le Groenland, le Nord de la menace que représente la Russie », a dit Friedrich Merz, dans un discours à Davos, saluant l’annonce de M. Trump qu’il n’utilisera pas la force pour conquérir le Groenland et que des négociations sur l’île se feront sur la base des principes de la « souveraineté et de l’intégrité territoriale ».
Selon lui, les discussions à venir entre le Groenland, le Danemark et les Etats-Unis viseront à « s’entendre sur une coopération plus étroite entre les alliés du grand nord et au-delà », a-t-il ajouté.
Le chancelier a qualifié de « bonne nouvelle » cette approche. Il a affirmé avoir discuté ces derniers jours de la menace russe aussi bien avec M. Trump, le secrétaire générale de l’Otan, Mark Rutte, et la cheffe du gouvernement danois, Mette Frederiksen.
« Acquérir un territoire européen par la force serait inacceptable », a-t-il souligné, en référence à la menace qu’a laissé planer le président américain avant d’assurer mercredi l’inverse.
Après des semaines de déclarations agressives, Donald Trump a subitement annoncé mercredi à Davos « le cadre d’un futur accord » sur le Groenland, extrêmement vague, et levé ses menaces douanières contre les pays européens, dont l’Allemagne, qui avaient envoyé des militaires au Groenland en signe de soutien au Danemark, qui contrôle ce vaste territoire arctique.
M. Merz a salué la reculade du président Trump sur ce point.
« De nouveaux tarifs (douaniers) mineraient les fondations de la relation transatlantique », a-t-il insisté.
Le président américain a refusé de préciser si le compromis donnait aux Etats-Unis la possession du territoire autonome danois, comme il l’a exigé à de multiples reprises afin, selon lui, d’en garantir la sécurité face à la Russie et à la Chine.
La Russie a environ 20% de son territoire au-delà du cercle polaire et a multiplié ces dernières années les bases militaires dans la région à mesure que sa rivalité avec l’Occident augmentait.
Elle développe aussi un couloir dans l’océan glacial Arctique qui doit gagner en importance avec les fontes des glaces dues au changement climatique, une route maritime du Nord qui doit faciliter le commerce mondial avec la Chine et aussi muscler la présence militaire russe ainsi que son influence dans la zone.
Symbole de cette ambition, un drapeau planté au fond de l’océan non loin du pôle Nord par la Russie en 2007.




