L’exercice 2025 dégage à lui seul près de 15 millions d’euros de résultat positif malgré des recettes fiscales en baisse, auxquels s’ajoutent 65 millions de réserves constituées lors des exercices précédents et non mobilisées.
L’an dernier, après les émeutes meurtrières de 2024 ayant détruit une large partie du tissu industriel calédonien, la collectivité avait supprimé ou restreint plusieurs dispositifs comme l’allocation provinciale de rentrée ou les aides aux vacances pour les foyers les plus modestes, tandis que certaines bourses étaient conditionnées à une durée minimale de résidence.
La collectivité, dans un territoire où les trois provinces (Sud, Nord et des Îles) disposent de larges pouvoirs, avait justifié ces mesures par une situation financière « catastrophique ».
La présidente de la province, Sonia Backès, a défendu auprès de l’AFP une « gestion prudente », invoquant des tensions de trésorerie fin 2024. « Nous avions 58,6 millions d’euros de factures que nous ne pouvions pas payer, faute de réponse de l’État sur les aides demandées », a-t-elle fait valoir.
Cet excédent suscite toutefois des critiques dans l’opposition, dans un contexte marqué par la persistance des difficultés économiques depuis les violences de 2024. « Il y a une déconnexion avec la réalité vécue par nombre de nos concitoyens », a déclaré à l’AFP Philippe Dunoyer, récemment sorti du parti Calédonie ensemble pour lancer un nouveau mouvement.
« Il y a des enfants qui ne mangent qu’un repas par jour, des familles entières qui dépendent des associations caritatives. Il n’y pas de quoi se féliciter d’une bonne gestion lorsqu’on ne s’attaque pas à cette urgence », a-t-il ajouté.
D’autres élus d’opposition regrettent « des visées électoralistes », la province Sud ayant décidé de lancer de nouveaux dispositifs en faveur des familles et de la jeunesse en 2026. « On a coupé le robinet, et on le rouvre à l’approche des élections », estime auprès de l’AFP l’élu sans étiquette Yohan Lecourieux.
Les élections provinciales, repoussées à trois reprises depuis 2024, doivent se tenir avant fin juin. Selon l’Institut de la statistique et des études économiques (ISEE), l’équivalent calédonien de l’Insee, 12.400 emplois ont été détruits en deux ans dans l’archipel.




