« On avance avec beaucoup plus de confiance mais pas de certitude », a déclaré lors des voeux à la presse son directeur général, Guillaume Kurek, rappelant que l’entreprise avait « mis un genou au sol » début 2025.
La priorité l’an dernier a été la sécurisation financière. La SLN, premier employeur privé du territoire (1.800 salariés), bénéficie d’un emprunt obligataire de 240 millions d’euros accordé par l’État. Une première tranche de 115 millions d’euros a été versée fin décembre, la seconde devant être mobilisée entre avril et août, selon la direction. Ce dispositif est inscrit dans le complément à l’accord de Bougival, signé lundi à Paris entre l’État et les partenaires calédoniens.
À ce soutien public s’ajoute la prolongation, fin 2025, des garanties financières apportées par le groupe Eramet, actionnaire majoritaire (56% du capital de la SLN), couvrant notamment les garanties environnementales de l’usine de Doniambo et de plusieurs sites miniers. Ces engagements permettent de sécuriser la continuité d’exploitation sur l’ensemble de l’année 2026.
Sur le plan industriel, la SLN vise une production de 43.000 tonnes de ferro-nickel en 2026, après environ 36.000 tonnes en 2025, notamment grâce à la reprise progressive de l’exploitation de ses mines situées sur la côte est, particulièrement touchées lors des violences de mai 2024.
La direction rappelle toutefois l’attente d’un soutien de l’État pour compenser le coût élevé de l’énergie. M. Kurek estime le besoin de la SLN à environ 150 millions d’euros par an, une somme comparable au soutien apporté à d’autres industriels de l’Hexagone.
D’après les analyses de la direction, le nouveau modèle économique de la SLN doit permettre un retour à la rentabilité à l’horizon 2029-2030, à la faveur d’importantes économies et d’hypothèses de cours du nickel autour de 15.400 dollars la tonne.
Le complément d’accord de Bougival concerne également la Nickel Mining Company (NMC), opérateur minier du nord de la Nouvelle-Calédonie en grande difficulté et co-entreprise de la Société minière du Sud Pacifique (SMSP) et du coréen Posco. Le texte affirme la possibilité d’un soutien de l’État sous forme de prêt de court terme, en fonction des besoins et des engagements des actionnaires.
La décision interviendra toutefois après un audit indépendant en cours, dont les conclusions sont attendues fin janvier-début février.
La SMSP a confirmé à l’AFP que la NMC bénéficie d’une prolongation du soutien de la SNNC (autre coentreprise de la SMSP et de Posco), sous la forme d’avances sur bateaux.
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