« Les élections provinciales auront lieu le dimanche 28 juin, avec un corps électoral ouvert aux natifs et aux conjoints de Calédoniens », a indiqué à l’AFP le député Nicolas Metzdorf (non-indépendantiste, Renaissance), à l’issue de la réunion qui se tenait en visioconférence avec Matignon depuis le haut-commissariat de la République à Nouméa.
Le député Emmanuel Tjibaou (Gauche démocrate et républicaine), membre de la délégation du Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS), a confirmé à l’AFP « l’ouverture partielle du corps électoral, malgré notre opposition sur ce point ».
Le corps électoral aux provinciales est un dossier explosif en Nouvelle-Calédonie. En 2024, le gouvernement avait tenté d’élargir le droit de vote à tous les résidents français justifiant de 10 ans de résidence sur l’archipel.
Les indépendantistes avaient vu une volonté de marginaliser la population kanak dans ce projet qui avait entraîné plusieurs mois de violences faisant 14 morts et plusieurs milliards d’euros de dégâts.
Depuis, les discussions sur l’avenir de la Nouvelle-Calédonie s’enlisent. Le 2 avril dernier, l’Assemblée nationale a rejeté le projet de loi constitutionnelle mettant en oeuvre l’accord contesté de Bougival, qui prévoyait d’ouvrir le corps électoral et de repousser les élections à fin 2026.
Sans cette réforme, l’État est tenu d’organiser le scrutin, déjà repoussé à trois reprises et initialement prévu en mai 2024, avant fin juin. Selon les délégations calédoniennes, le Premier ministre a proposé pour ces prochaines élections d’intégrer les « natifs », soit 11.000 personnes nées en Nouvelle-Calédonie mais qui ne remplissent pas les conditions pour voter, ainsi que les conjoints de Calédoniens, sans préciser selon quelles modalités.
L’annonce n’a satisfait aucun camp: « Nous sommes constants sur ce point. Nous sommes favorables à l’ouverture du corps électoral, mais uniquement dans le cadre d’un accord global sur la Nouvelle-Calédonie », a pointé Emmanuel Tjibaou, tandis que Nicolas Metzdorf a regretté une décision « mi-figue, mi-raisin difficile à avaler pour nos partisans ».
En tout état de cause, ces propositions devront faire l’objet d’une loi organique qui devra être validée par le Parlement.
En cas de rejet, le scrutin du 28 juin devra se tenir avec le corps électoral existant, « gelé » à l’année 1998: pour voter il faut être arrivé en Nouvelle-Calédonie avant cette date, à laquelle il faut également justifier de 10 ans de résidence, ou bien avoir un de ses parents remplissant ces conditions.




