« L’Etat souhaite continuer d’avancer sur la stabilisation des institutions de la Nouvelle-Calédonie dans un dialogue respectueux de chacun, sans passage en force mais sans paralysie non plus », a déclaré le chef de l’Etat en ouverture d’une réunion à Paris.
Celle-ci rassemblait l’ensemble des forces politiques de du territoire l’exception du Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS), indépendantiste, qui a refusé l’invitation.
« Je respecte les choix de chacun et je souhaite qu’on puisse trouver pour l’avenir un chemin qui donne une place à tous », a affirmé Emmanuel Macron, regrettant l’absence du FLNKS et saluant « le courage » des délégations présentes qui, selon lui, « prenaient des risques » en venant négocier.
Le président de la République veut relancer les discussions autour de l’accord signé le 12 juillet 2025 entre indépendantistes, non-indépendantistes et l’Etat. Ce texte prévoit notamment la création d’un Etat calédonien au sein de la République française, doté d’une nationalité propre et qui pourrait être reconnu internationalement.
Mais il n’ouvre pas de perspective de souveraineté pleine de la Nouvelle-Calédonie, ce qui a provoqué son rejet par le FLNKS (indépendantiste), qui demeure le principal mouvement pro-indépendance du territoire situé à 17.000 km de la France métropolitaine.
Mardi, son président, Christian Tein, a mis en garde le gouvernement contre toute solution à marche forcée.
Selon Emmanuel Macron, l’objectif de cette réunion « n’est pas de repartir de zéro » mais « d’apporter des clarifications à l’accord du 12 juillet » afin d’ouvrir « de nouvelles perspectives politiques ».
Des émeutes en mai 2024, déclenchées par un projet de réforme électorale, avaient fait 14 morts dans ce territoire et coûté plus de 2 milliards d’euros de dégâts et au moins 10% de PIB à la Nouvelle-Calédonie.
Si beaucoup estiment qu’un accord sans le FLNKS risque d’être inapplicable, et pourrait raviver les violences, Paris se montre optimiste sur « la possibilité de faire émerger un accord » approuvé par les cinq autres groupes représentés au Congrès de la Nouvelle-Calédonie – soit « environ 75% » des élus.
Si la réforme constitutionnelle était adoptée, une consultation de la population calédonienne aurait lieu, suivie d’élections provinciales qui doivent normalement se tenir fin juin – mais pourraient être repoussées à septembre 2026, pour la quatrième fois.
Samedi et dimanche, des « ateliers » au ministère des Outre-mer tenteront de préciser certains points de l’accord sur l’identité kanak, la notion d’autodétermination ou l’exercice des compétences régaliennes.




