Téhéran a averti dimanche d’une « réponse décisive et immédiate » de l’armée en cas de déploiement français et britannique dans le détroit d’Ormuz, après l’annonce par Paris et Londres de l’envoi de bâtiments militaires dans la région.
Le président français Emmanuel Macron a cependant assuré dimanche soir que la France n’avait « jamais envisagé » un « déploiement » dans le détroit d’Ormuz.
La quarantaine de pays impliqués « devraient profiter de la réunion (de mardi) pour discuter et définir leurs contributions militaires à la mission défensive visant à rouvrir et à sécuriser le détroit d’Ormuz lorsque les conditions le permettront », a indiqué le ministère britannique de la Défense dans un communiqué.
Mi-avril, plusieurs pays non directement impliqués dans le conflit déclenché le 28 février par les frappes américano-israéliennes sur l’Iran se sont dits prêts à mettre en place une « mission neutre » afin de sécuriser le détroit, lors d’une conférence co-présidée à Paris par le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre britannique Keir Starmer.
L’objectif est « d’accompagner et sécuriser les navires marchands qui transiteront dans le Golfe », avait déclaré Emmanuel Macron, tandis que Keir Starmer avait parlé d’une force « pacifique et défensive ».
Les Etats-Unis et l’Iran, parties belligérantes au conflit, n’ont pas participé à ses pourparlers.
Londres a déjà annoncé le prépositionnement « au Moyen-Orient », sans plus de précision, d’un destroyer, le HMS Dragon, jusqu’ici positionné en Méditerranée orientale.
De son côté, Paris a annoncé le 6 mai l’envoi dans le Golfe du porte-avions Charles de Gaulle.
Lors de la réunion de mardi, « notre rôle sera de veiller à ce que nous ne nous contentions pas de parler, mais que nous soyons prêts à agir », a affirmé John Healey, le ministre britannique de la Défense, qui coprésidera la réunion avec son homologue française Catherine Vautrin.
Le blocage par Téhéran du détroit d’Ormuz, stratégique pour le transport maritime, notamment d’hydrocarbures, a ébranlé l’économie mondiale, et quelque 1.500 navires et 20.000 membres d’équipage y sont coincés.
Le détroit est devenu un foyer majeur des tensions entre les Etats-Unis et l’Iran, et des affrontements sporadiques y ont lieu malgré le cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril entre les deux pays.
Washington mène de son côté un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril, alors que les négociations en vue de mettre durablement fin aux hostilités piétinent.
Dimanche, un navire de transport a été frappé au large des côtes du Qatar, l’Iran affirmant qu’il « battait pavillon américain et appartenait aux Etats-Unis », sans revendiquer explicitement cette attaque.
Les Etats-Unis et des pays du Golfe ont appelé jeudi le Conseil de sécurité de l’ONU à exiger que l’Iran arrête « d’empêcher » la navigation dans le détroit. Un projet de résolution en ce sens a été soumis par Washington et Bahreïn, mais la Russie (alliée de Téhéran) a indiqué qu’elle était prête à bloquer le texte.




