Patrice Vergriete, un ministre venu de la gauche aux Transports

Paris, 8 fév 2024 (AFP) – Après avoir été discret au Logement, Patrice Vergriete, issu de la gauche, va devoir s’attaquer aux nombreux dossiers qui l’attendent comme nouveau ministère délégué aux Transports, de la circulation pendant les JO aux abandons de chantiers autoroutiers.

L’ex-maire DVG de Dunkerque, qui se reconnaît dans le personnage de la série “Baron noir” diffusée sur Canal+ pour ses aspirations sociales, est auparavant resté seulement cinq mois au Logement, l’un des plus courts passages de l’histoire à ce portefeuille clef, sur fond de grave crise dans l’Hexagone.

Discret ministre de gauche dans un gouvernement dominé par la droite, le Dunkerquois a malgré tout eu le temps de lancer un certain nombre de chantiers, dans la lignée de son prédécesseur Olivier Klein.

Parmi ses priorités, une loi Logement pour 2024 assortie de mesures de décentralisation très attendue par les élus locaux, avec à la clé une réflexion sur l’encadrement des prix du foncier et une plus forte régulation des meublés touristiques.

Aux Transports, il devra s’attaquer aux nombreux dossiers laissés par son médiatique prédécesseur, Clément Beaune: tarifs de la SNCF, voiture électrique à 100 euros par mois, péages autoroutiers, essor du vélo, régulation des jets privés, projets de “RER métropolitains”… Sans oublier le volet transports des JO de l’été ou la désignation des projets autoroutiers que le gouvernement compte abandonner ou continuer.

Polytechnicien, ingénieur général des Ponts, docteur en aménagement, Patrice Vergriete, 55 ans, est un exemple de réussite républicaine.

Issu d’un milieu modeste, né d’un père ouvrier chaudronnier aux Chantiers de France et d’une mère femme au foyer, il a grandi dans la cité des Glacis à Dunkerque avant d’effectuer sa prépa scientifique dans le prestigieux lycée Louis-le-Grand à Paris.

– “Prononcé 25 fois” –

Après avoir démarré sa carrière à l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), il intègre le cabinet de Martine Aubry, alors ministre de l’Emploi, et de Claude Bartolone, à la Ville. A ce ministère, il participe à la mise en place de la loi Solidarité et renouvellement urbain (SRU), célèbre pour son article 55 qui impose aux communes de disposer d’au moins 20% de logements sociaux.

Directeur général de l’agence d’urbanisme de Dunkerque (Agur) de 2000 à 2008, il a également travaillé pour le Conseil général de l’environnement et du développement durable.

Mais c’est à Dunkerque qu’il s’essaie à la politique dès 2001. Adjoint au maire chargé de la jeunesse, puis des sports, il “tue le père” en remportant les municipales de 2014 face au sénateur-maire PS de Dunkerque, Michel Delebarre, dont il fut l’adjoint, à la tête d’une coalition allant de la gauche au centre-droit.

Membre du Parti socialiste à 25 ans, il le quitte en 2013 suite à des divergences politiques avec son ex-mentor.

En 2022, il soutient Emmanuel Macron à la présidentielle, se disant “déçu” par Anne Hidalgo, et se présente aux législatives comme suppléant de Christine Decodts sous l’étiquette Renaissance.

Nommé ministre le 20 juillet 2023, alors que le souvenir des émeutes est encore vif dans les esprits, il apporte une vision plus sociale des causes de l’embrasement.

“Quand je suis arrivé, le mot logement n’était pas prononcé en conseil des ministres. Ce matin, je crois bien qu’il a été prononcé 25 fois”, s’était-il félicité fin septembre auprès de l’AFP.

A Dunkerque, il met en place la gratuité des bus pour tous en 2018 et ambitionne de faire de la ville “un laboratoire de l’industrie décarbonée” grâce notamment à l’installation des méga-usines de batteries électriques de la start-up Verkor et du groupe taïwanais ProLogium.

“Le rôle d’un ministre, c’est de se battre pour ses convictions. Et si je vois qu’elles sont trahies, je m’en irai”, avait-il déclaré au Monde début décembre.

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