Politique commune des pêches: les pêcheurs artisanaux veulent être entendus

« Nous, les pêcheurs artisanaux, sommes complètement absents des instances nationales. Une journée de réunion pour nous, c’est une journée de manque à gagner car notre bateau reste à quai », à la différence des armements de la pêche industrielle représentés aux réunions par leur directeur d’armement sans que cela les prive d’une journée de pêche, a expliqué Gwenaël Pennarun, patron pêcheur à Sainte-Marine (sud-Finistère).

« Il faut que les politiques reconnaissent qu’il n’y a pas que la grande pêche » et qu’ils en tiennent compte, a-t-il estimé lors d’une conférence de presse sur le navire de Greenpeace, l’Arctic (BIEN ARCTIC) Sunrise, amarré à Saint-Malo.

« On subit de plus en plus la venue des gros bateaux dans les bandes côtières où nous avons l’habitude de pêcher. Ces bateaux, disproportionnés dans cette bande côtière, nous font beaucoup de tort, notamment parce qu’ils nous plombent les cours », a poursuivi M. Pennarun, vice-président de la Plateforme petite pêche artisanale française, lancée en juin 2012.

« Nous, on pratique une pêche responsable, on cherche à valoriser notre production et on veut préserver la ressource », a ajouté M. Pennarun, qui traque le bar à la ligne dans le secteur de l’archipel des Glénans.

Des chalutiers industriels, par exemple, ramènent dans leurs filets une diversité de poissons mais ne conservent que certaines espèces et rejettent le reste à la mer. Selon Hélène Bourges, chargée de campagne à Greenpeace, environ « 27% des prises, des poissons morts, sont rejetés à la mer et c’est un gaspillage total de la ressource ».

Selon Greenpeace, la pêche artisanale en Europe représente 80% des embarcations et la moitié des emplois, 9% des débarquements de poissons, mais 30% de la valeur débarquée. Elle permet également de créer davantage d’emplois que la pêche industrielle.

L’organisation environnementale considère, avec de nombreuses autres ONG, que les pratiques actuelles entraînent une surpêche, qui met en péril le renouvellement de la ressource, et mène actuellement une campagne européenne sur le thème « petite pêche, grand avenir ».

« Le discours de Greenpeace est absurde », a réagi dans la soirée le Comité départemental des pêches (CDPMEM) d’Ille-et-Vilaine. « Prétendre donner un avenir à la pêche en ne soutenant que des navires de moins de 12 mètres, sur une zone restreinte de 12 miles, illustre une méconnaissance totale de la pêche. Concentrer les bateaux de pêche sur la bande côtière conduirait à la disparition des ressources et conséquemment des pêcheurs ».

Dans son communiqué, le président du CDPMEM, Pascal Lecler, souligne qu’il refuse pour sa part « d’opposer les pêcheurs les uns contre les autres et rappelle qu’une gestion durable des ressources nécessite des navires de pêches de tailles différentes et des modes d’exploitation divers afin de ne pas saturer la bande côtière »

Dans le cadre de sa campagne, qui doit encore le mener dans le Pas-de-Calais à Boulogne-sur-Mer (3 et 4 juin) et en Grande-Bretagne, l’Arctic Sunrise s’est déjà rendu en Roumanie, Bulgarie, Grèce, Slovénie, Croatie, Italie et Espagne.

Cette campagne se déroule alors que doivent s’ouvrir de nouvelles négociations sur la politique commune de la pêche les 28 et 29 mai entre le Parlement européen, le Conseil des ministres européens et la Commission européenne, selon Greenpeace.

La Plateforme de la petite pêche artisanale française, qui affirme réunir plus de 500 adhérents des côtes méditerranéenne et atlantique, réclame en particulier « un partage équitable des quotas » de pêche, une « priorité d’accès aux ressources de la bande côtière » et « un accompagnement financier européen pour que les acteurs de la petite pêche artisanale puissent être représentés » dans les instances décisionnelles.

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