Réseau de “skimming” de distributeurs bancaires: jusqu’à 6 ans de prison ferme

Le principal prévenu, un maçon de 55 ans repris de justice, qui avait assuré au tribunal s’être quasiment formé lui-même –après briefing par un co-détenu– au piratage de distributeurs, a été condamné à six ans de prison et maintenu en détention, selon le délibéré mardi du tribunal correctionnel, communiqué mercredi à l’AFP.

Au sein du groupe, dont il s’est reconnu “un peu le responsable”, il était chargé de la manufacture des “skimmers”, ces dispositifs apposés sur les distributeurs pour capter code et données magnétiques des cartes au moment des retraits par l’utilisateur.

Un co-prévenu de 29 ans, considéré par les enquêteurs comme “l’informaticien” du réseau, passé maître –lui aussi de façon autodidacte– dans le décryptage puis le réencodage de cartes piratées, a pour sa part été condamné à 4 ans de prison, mais sans mandat de dépôt. Il avait déjà passé plus d’un an en détention provisoire.

Un Kosovar de 41 ans, autre membre important du réseau initial, mais qui s’en était tôt écarté pour opérer à son compte avec son épouse, a été condamné a 4 ans et demi de prison et maintenu en détention. Sa femme a été condamnée à trois ans dont 18 mois avec sursis.

Quinze personnes, deux en détention, deux autres en absence, étaient jugées pendant une semaine pour escroquerie en bande organisée, association de malfaiteurs ou blanchiment. Au total, près de 130 distributeurs avaient été piratés, plus de 6.900 cartes bancaires contrefaites, pour plus de 1,2 million d’euros de retraits réalisés, et 2,6 M EUR tentés.

Les deux hommes jugés en absence, des “relais” du groupe à l’époque aux Etats-Unis, visés par des mandats d’arrêt, ont été condamnés à 3 et 4 ans.

Enfin, ce que le tribunal a qualifié de “petites mains” du réseau –un ami, une fille, une ex-compagne notamment– qui séjournaient à l’étranger, en Thaïlande surtout, pour effectuer des retraits (car certaines cartes réencodées ne fonctionnaient pas en France), ont été condamnés à des peines de 2 à 12 mois avec sursis. Un prévenu, qui n’avait fait que changer en France des baths thaïlandais, a été relaxé.

Le tribunal a condamné les prévenus à verser 10.000 euros solidairement au titre du préjudice moral au GIE Cartes bancaires, partie civile, et a renvoyé l’audience sur les intérêts civils.