De nombreux salariés grévistes qui devaient assurer des travaux de maintenance sur les écluses de Reventin-Vaugris (Isère) et de Bollène (Vaucluse) à partir du 5 mars, notamment la remise en état des cuves de remplissage, sont en grève depuis, pour protester contre la réforme des retraites, empêchant la réouverture des ouvrages prévue le 16 mars.
Selon la CGT, les taux de grévistes au sein des services opérationnels de la vallée du Rhône ont atteint jusqu’à 70% depuis le début du mouvement contre la réforme des retraites.
Deux piquets de grève avaient également été installés sur ces écluses, mais ils ont été levés mercredi et jeudi suite à des requêtes en référé de la direction, a annoncé jeudi la CGT, qui dans un communiqué l’a accusée de s’en prendre aux salariés par voie judiciaire.
La direction de la CNR, qui gère une voie navigable à grand gabarit de 330 km entre Lyon et le port autonome de Marseille et des barrages hydroélectriques, a confirmé les blocages à l’AFP, précisant que selon un dernier recensement effectué le 28 mars, 45 bateaux sont restés à quai à cause du mouvement.
Les salariés de la CNR sont concernés par la remise en cause du régime spécial des salariés de l’énergie. « C’est la double peine: en plus de l’allongement de la durée de cotisation, le régime spécial est remis en cause pour les nouveaux embauchés. On craint par effet domino la disparition totale du statut », a indiqué à l’AFP le délégué CGT Hervé Laydier. L’intersyndicale doit se réunir le 11 avril.
La CNR, qui compte 1.414 employés, est le premier producteur français d’électricité d’origine 100 % renouvelable et le concessionnaire à vocation multiple du Rhône, de la frontière suisse à la mer Méditerranée. Quelque 3,55 millions de tonnes de marchandises sont transportées entre Lyon et la Méditerranée chaque année.
Le capital de la CNR est détenu par la Caisse des Dépôts, les collectivités locales et Engie.




