Temps de travail : DCNS dénonce son accord d’entreprise

DCNS espère harmoniser les conditions de travail entre ses sites et parvenir à une augmentation moyenne du temps de travail collectif efficace de 20 minutes pour dégager 30 millions d’euros par an qu’il promet de réinvestir dès 2017, notamment pour créer des emplois.

Le groupe naval, qui a déjà conclu deux accords avec les partenaires sociaux sur l’adaptation de l’emploi et le soutien à la compétitivité, explique être contraint de procéder à cette mesure « pour permettre la reprise du dialogue dans un nouveau cadre ».

Après la conclusion de ces deux accords dans le cadre d’un « accord global de performance », « il était prévu que des négociations s’engagent sur l’organisation du temps de travail (OTT), ce qui n’a pas été possible jusqu’alors », a-t-il précisé.

« La direction de DCNS doit donc dénoncer l’accord d’entreprise datant de 2004 pour permettre la reprise du dialogue dans un nouveau cadre. Les gains pourront être investis dans les compétences et l’outil de production », a ajouté le groupe.

« La plupart des autres dispositions structurantes de l’accord d’entreprise (seront) reconduites en l’état », a-t-il toutefois indiqué.

« Les syndicats n’avaient pas mandat pour engager cette négociation sur l’OTT », a expliqué Alain Guillou, directeur ressources humaines et des opérations et en charge de l’optimisation de la performance du groupe, à l’AFP. « Il nous appartient en tant que direction de prendre cette responsabilité pour recréer un cadre de négociations et faire en sorte que les partenaires puissent revenir avec un mandat autour de la table », a-t-il ajouté.

« C’est une décision purement dogmatique (…) dans une entreprise qui a un plan de charge très important », a réagi Laurent Hébert, délégué syndical central (CGT). « Les contrats d’armement sont des contrats très margés (avec de fortes marges, ndlr). DCNS a les moyens d’un certain nombre de choses, dont le renforcement des capacités de production, mais 80 à 85% des bénéfices retournent aux actionnaires », a-t-il déploré, estimant que le groupe « risque d’entrer dans une zone de turbulences dont on se serait bien passés ».

DCNS, leader européen du naval de défense, emploie près de 13.000 salariés. Détenu à 62,5% par l’Etat, le groupe, qui a réalisé un chiffre d’affaires de 3,04 milliards d’euros en 2015, a été sélectionné par l’Australie au printemps dans le cadre du programme de renouvellement de la flotte de sous-marins du pays, d’un montant de 34 milliards d’euros.

Mais si le plan de progrès et les accords d’adaptation de l’emploi et de soutien à la compétitivité ont été « engagés avec succès » et « ont commencé à porter leurs fruits », « des efforts de compétitivité restent à accomplir », a assuré le groupe.

« Dans cette compétitivité, il y a ces questions du temps de travail. Nous avons une variabilité sur le temps de travail sur une journée qui est très importante », a précisé M. Guillou.

« Notre objectif est raisonnable, responsable: il est de gagner 20 minutes de temps de travail efficace », a-t-il souligné en précisant que cela se ferait dans le cadre des 7h30 quotidiennes, soit 35 heures hebdomadaires en tenant compte des RTT.

« Nous sommes sur quelque chose qui vise une amélioration de la compétitivité sans tout casser », a-t-il assuré.

« Ces 20 minutes, c’est 30 millions d’euros de compétitivité gagnés par an en moyenne, 1% de notre chiffre d’affaires de manière récurrente », a martelé Alain Guillou. « Cela nous permettra d’investir à la fois dans les compétences et dans la modernisation accélérée de notre outil industriel. »

DCNS promet « des recrutements dans les emplois directs de production en privilégiant les ouvriers et techniciens ».

Interrogé sur le calendrier, Alain Guillou a souhaité que cela se fasse de manière « assez rapide, quelques mois ». « Je suis tout à fait confiant dans la capacité de rouvrir le dialogue très rapidement », a-t-il dit.

dlm/fka/mcl/jpr

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