Jugé en son absence, l’ancien ministre comorien (2020-2024) a été reconnu coupable de « déclaration fausse » et d' »escroquerie » au préjudice de la Caisse d’allocations familiales (CAF) et de la Caisse générale de sécurité sociale (CGSS) de La Réunion. Un mandat d’arrêt a été émis contre lui.
Son épouse a été condamnée pour les mêmes faits à un an de prison ferme et à cinq ans d’interdiction du territoire français.
Les faits reprochés couvraient la période du 1er janvier 2011 au 31 octobre 2020. Selon la citation à comparaître, le couple a indûment perçu 253.525 euros auprès de la CAF (revenu de solidarité active, allocations familiales, allocation logement, allocations de rentrée scolaire, primes de Noël) et 87.482 euros auprès de la CGSS.
Officiellement domicilié à La Réunion et titulaire de la nationalité française depuis 2000, Dhoihir Dhoulkamal résidait en réalité majoritairement aux Comores, où il a notamment perçu des indemnités de député puis de ministre.
Ces revenus n’étaient pas déclarés aux organismes sociaux réunionnais. Son épouse, officiellement sans ressources, n’avait pas davantage déclaré les siens.
L’enquête avait longuement buté sur l’immunité diplomatique de l’ancien ministre, levée en juillet 2024 avec un remaniement du gouvernement du président Azali Assoumani privant Dhoihir Dhoulkamal de son poste de ministre.
Les gendarmes de la section de recherches de Saint-Denis n’avaient pas réussi à localiser M. Dhoulkamal pour l’entendre, ce qui avait conduit le parquet à émettre un mandat de recherche international avant que le tribunal ne prononce, vendredi, un mandat d’arrêt.




