Un miracle ne suffira pas à sauver l’océan

Sophie Panonacle
Par Sophie Panonacle,
Députée de la 8e circonscription de la Gironde et membre du bureau du Conseil National de la Mer et des Littoraux (CNML)
 

La surface de notre planète, peu de terriens en ont vraiment conscience, est recouverte des deux tiers par l’Océan. Cet élément liquide, présent aux quatre coins du globe, serait doté miraculeusement de ressources inépuisables et préservé des entreprises humaines. Cette croyance est bien évidemment fausse.

Aujourd’hui, l’Océan est en grande souffrance atteint par toutes les formes de pollution terrestres et marines, par les effets du réchauffement climatique et par la surexploitation de ses ressources.

La biodiversité, le vivant océanique, sont sévèrement menacés. 40 % des espèces d’amphibiens, près de 33 % des récifs coralliens, 30 % des stocks de poissons et plus d’un tiers de tous les mammifères marins, sont en situation de grave danger immédiat.

Pourtant, nous devrions savoir que l’Océan est à la base des phénomènes mondiaux qui rendent notre planète habitable pour l’humanité. L’eau de pluie, l’eau potable, les conditions météorologiques, le climat, les côtes, une grande partie de nos aliments et même l’oxygène de l’air que nous respirons, tous sont fournis et régulés par les océans.

La haute mer, un espace sans foi ni loi 

Il existe un espace sans juridiction, au-delà des eaux territoriales, où l’absence de contrainte est la règle et la coopération l’exception. Il s’agit de la haute mer soumise à toutes les convoitises en raison des bénéfices espérés de l’exploitation immodérée de ses ressources. 

Seule, une mobilisation politique forte, au plus haut niveau, est attendue afin d’aboutir à un Traité Océan en 2022. La prochaine session de la Conférence intergouvernementale, sous l’égide des Nations Unies, aura lieu du 7 au 18 mars 2022. Elle doit fixer un cadre juridique international portant sur la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité marine des zones ne relevant pas de la juridiction nationale dite « BBNJ ».

Au préalable, le « One Ocean Summit » de février 2022, à l’initiative du Président de la République, préparera le terrain pour permettre un rassemblement au plus haut niveau autour d’une déclaration politique.

Le soutien œcuménique des députés

La proposition de résolution pour la conservation et l’utilisation durable de l’Océan a permis, ce 25 novembre, de rompre les digues entre les différentes sensibilités de la majorité et de l’opposition.

En effet, responsable du texte pour le groupe majoritaire, j’ai, avec mes collègues issus de tous les bancs, défendu et voté le texte porté par Maina Sage, Députée de la Polynésie française et Jimmy Pahun, Député du Morbihan.

Cette première étape doit enclencher une nouvelle approche de nos relations vitales avec l’Océan. Il nous revient de le consacrer bien commun de l’humanité.

Notre responsabilité est grande en tant que premier domaine maritime mondial, à égalité avec les Etats Unis, fort de nos 11 millions de kilomètres carrés de Zone Economique Exclusive, dont 97 % en outre-mer.

Nous avons la légitimité économique, écologique et politique pour mener ce formidable défi : sauver l’Océan !