La conclusion de la Cour permanente d’arbitrage (CPA), qui siège à La Haye, « va certainement miner ou affaiblir la motivation des Etats à s’engager dans des négociations ou des consultations pour résoudre leurs différends », a déclaré l’ambassadeur, Cui Tiankai.
« Cela va certainement intensifier les conflits et même la confrontation », a estimé le diplomate chinois, qui intervenait au Center for Strategic and International Studies (CSIS), un centre de réflexion qui se trouve à Washington.
« Au bout du compte, cela minera l’autorité et l’efficacité du droit international », a-t-il déclaré.
Pékin a réagi mardi avec colère à la décision de la CPA, qui a donné raison aux Philippines en statuant que les revendications chinoises en mer de Chine méridionale n’avaient « aucun fondement juridique ».
La Chine « n’accepte ni ne reconnaît » l’arbitrage de la CPA, qui est « nul et non avenu », a déclaré le ministère chinois des Affaires étrangères.
Outre la CPA, l’ambassadeur de Chine à Washington s’en est aussi pris aux Etats-Unis, qui ont déployé des porte-avions et d’autres navires en mer de Chine du sud en déclarant vouloir faire respecter la liberté de navigation malgré les revendications de Pékin.
Le diplomate a estimé que la démonstration de force américaine pourrait conduire à un conflit.
« Les activités militaires intensifiées si près d’îles et de récifs chinois, ou même l’entrée dans les eaux territoriales de ces îles et de ces récifs, présentent certainement le risque de mener à un conflit », a déclaré l’ambassadeur.
« Je suis tout à fait sûr qu’elles auront pour effet de déstabiliser l’équilibre régional », a-t-il prévenu.
Et l’ambassadeur a souligné les risques encourus. « Si un conflit armé débutait, les intérêts de tous seraient atteints, y compris nos intérêts et, j’en suis sûr, les intérêts des Etats-Unis », a-t-il averti.
M. Cui a accusé la politique de « pivot » vers l’Asie du président Barack Obama d’avoir accru les tensions.
« Les tensions ont commencé à croître il y a cinq ou six ans, à peu près au moment où nous avons commencé à entendre parler de ce qu’on appelle le pivot vers l’Asie », a déclaré l’ambassadeur. « Les différends se sont intensifiés, les relations se sont tendues, la confiance a été affaiblie », a-t-il dit.




