A Lorient, derrière la langoustine se cachent les ingrédients du port du futur

Un ballet de chariots élévateurs, tous feux allumés, rythme en ce mercredi l’activité du premier port français en valeur avec 75 millions d’euros en 2013, devançant celui de Boulogne-sur-Mer (Nord), qui garde cependant l’avance en termes de volumes.

« Le bateau arrive, débarque sa pêche, la met en chambre froide et après il ne s’occupe plus de rien et peut repartir en mer », explique à l’AFP Maurice Benoish, président du port qui emploie 90 personnes et dont l’actionnaire majoritaire est l’agglomération de Lorient.

« Dès que la vente est finie, le jour où il a déposé son poisson, par internet, il peut avoir le résultat de sa vente à 100 gr près », poursuit M. Benoish, soulignant que ce n’est pas le cas dans tous les ports, où parfois on ne connaît le résultat de la vente que plusieurs jours après avoir débarqué sa marchandise.

Poissonnier depuis 30 ans dans la région, Philippe vient de passer plus de 2 heures dans la halle à marée pour en repartir avec 50 kg de langoustines, sardines, lotte, sole, tacot, plie et merlu. « C’est au printemps que les bateaux pêchent le plus et les prix sont plutôt bons… pour les acheteurs en tout cas », souligne-t-il.

L’homme, aux grands yeux bleus, regrette cependant que sa clientèle ait été divisée par deux en 30 ans. « Le poisson frais ça pue et ça a des arrêtes, les jeunes n’en achètent plus », se plaint-il.

C’est que la filière traverse une crise, dont témoigne une flotte en déclin et vieillissante avec une moyenne d’âge de 25 ans pour les plus de 4.500 bateaux immatriculés aujourd’hui dans l’Hexagone, contre plus de 6.500 dans les années 1995.

– « le havre de paix du pêcheur » –

Lorient commercialisait ainsi quelque 70.000 tonnes de poissons par an il y a 25 ans, contre plus que 22.000 aujourd’hui, alors qu’en même temps la consommation de produits de la mer est passée de 7 kg par an et par habitant, à plus de 36, témoignant de l’engouement des pays développés pour ces produits « bons pour la santé ».

Un paradoxe qui s’explique par le fait que le poisson pêché par des bateaux français ne représente désormais plus que 15 à 20% de la consommation nationale, contre 80 à 85% dans les années 1980.

Construit en 1927, le port de Lorient a cependant su s’adapter aux mutations qui ont agité et agitent encore le secteur. Conçu à l’origine pour la pêche industrielle, il accueille aujourd’hui plus d’une centaine de bateaux d’artisans polyvalents, ainsi que le premier armement à la pêche fraîche de France, la Scapêche (Intermarché), qui vient de racheter quatre bateaux à un armement de Concarneau, dont deux débarqueront désormais leurs prises à Lorient.

Premier port de pêche de la façade atlantique et premier port de débarquement de langoustines vivantes, Lorient-Keroman représente 3.000 emplois directs et réunit 275 entreprises sur ses 55 hectares.

Propriété de la région Bretagne depuis 2007, il a réalisé en 2013 un résultat net d’exploitation d’environ 100.000 euros et son exploitation est bénéficiaire depuis une dizaine d’années. Depuis 2007, il a investi plus de 20 millions d’euros pour se moderniser.

« A Lorient, il y a tous les ingrédients du port du futur, c’est un exemple en France », assure Gérard Romiti, président du comité national des pêches, interrogé à l’occasion des 5e Assises de la pêche qui se tenaient mardi et mercredi à Lorient, estimant que le port doit être « le havre de paix du pêcheur », un endroit où il trouverait réponse à toutes ses demandes.

Les Infos Mer de M&O

Soudeur naval, un métier stratégique

Un article de Alan Le Gall*, Soudeur naval Derrière chaque bâtiment de combat de la Marine nationale s’inscrit une chaîne industrielle rigoureuse, structurée et...

Liban : nouvelles frappes israéliennes à Beyrouth, craintes d’une occupation du sud

De nouvelles frappes israéliennes ont visé Beyrouth dans la nuit, faisant sept morts et plusieurs dizaines de blessés selon les autorités libanaises. L’aviation...

Ouistreham : un chalutier saisi pour trafic de cocaïne vendu 300 000 euros aux enchères

Un chalutier de 18 mètres, saisi en 2025 dans le cadre d’un trafic maritime de cocaïne entre le Brésil et la Normandie, a...

29 mars 1967 : lancement du premier sous-marin nucléaire lanceur d’engins français LE REDOUTABLE

Source vidéo du 9 juillet 1969 : INA Le général de Gaulle est présent et déclare : "C’est une journée capitale pour notre Marine,...

France – Philippines : un accord pour renforcer la coopération militaire en Indo-Pacifique

La France et les Philippines ont signé un accord permettant à leurs forces armées de participer à des exercices conjoints sur leurs territoires...

Washington accuse Chine de cibler des navires panaméens

Les États-Unis accusent la Chine de retenir des navires sous pavillon panaméen dans ses ports, dans un contexte de tensions croissantes autour du...

Plus de lecture

M&O 290 - Mars 2026

Colloque Souveraine Tech du 12 sept 2025

Alors qu'il était Premier Consul, Napoléon Bonaparte déclara le 4 mai 1802 au Conseil d'État, "L’armée, c’est la nation". Comment ce propos résonne t-il à un moment de notre histoire où nous semblons comprendre à nouveau combien la nation constitue et représente un bien à défendre intelligemment ? Par ailleurs, si la technologie est le discours moral sur le recours aux outils et moyens, au service de qui ou de quoi devons-nous aujourd'hui les placer à cette fin, en de tels temps incertains ? Cette journée face à la mer sous le regard de Vauban sera divisée en tables rondes et allocutions toniques.

ACTUALITÉS

Le Bénin et la mer

Découvrez GRATUITEMENT le numéro spécial consacré par Marine & Océans au Bénin et la mer

N° 282 en lecture gratuite

Marine & Océans vous offre exceptionnellement le numéro 282 consacré à la mission Jeanne d’Arc 2024 :
  • Une immersion dans la phase opérationnelle de la formation des officiers-élèves de l’École navale,
  • La découverte des principales escales du PHA Tonnerre et de la frégate Guépratte aux Amériques… et de leurs enjeux.
Accédez gratuitement à la version augmentée du numéro 282 réalisé en partenariat avec le Centre d’études stratégiques de la Marine et lÉcole navale

OCÉAN D'HISTOIRES

« Océan d’histoires », la nouvelle web série coanimée avec Bertrand de Lesquen, directeur du magazine Marine & Océans, à voir sur parismatch.com et sur le site de Marine & Océans en partenariat avec GTT, donne la parole à des témoins, experts ou personnalités qui confient leurs regards, leurs observations, leurs anecdotes sur ce « monde du silence » qui n’en est pas un.