Pour Séoul, la fabrication d’un sous-marin nucléaire constituerait un bond en avant pour son industrie navale et de défense, et lui permettrait d’entrer dans le groupe restreint des pays qui en sont dotés (Etats-Unis, Australie, Chine, Russie, Inde, France et Royaume-Uni).
Séoul et Washington avaient finalisé en novembre un accord sur la construction de ces sous-marins, mais le lieu de construction n’avait pas été déterminé.
Le ministre sud-coréen de la Défense a précisé mardi le calendrier, tout en insistant sur le fait que le développement des technologies et la construction se feraient à domicile.
« Nous développerons et construirons, avec notre propre technologie et sur le territoire national, des sous-marins nucléaires, en vue de lancer le premier bâtiment au milieu des années 2030 et le rendre opérationnel dans la seconde moitié des années 2030 », a annoncé le ministre de la Défense Ahn Gyu-back.
Après avoir donné son accord pour la fabrication d’un submersible à propulsion nucléaire à son allié sud-coréen, le président américain Donald Trump avait ajouté sur X en novembre qu’il serait fabriqué à Philadelphie, « dans notre bonne vieille Amérique ».
Cependant, Séoul avait d’emblée répliqué que « du début à la fin, les discussions entre les dirigeants se sont déroulées en partant du principe que la construction aurait lieu en Corée du Sud », jugeant la question « considérée comme réglée ».
A la différence des submersibles à propulsion diesel, qui doivent régulièrement remonter à la surface pour recharger leurs batteries, augmentant ainsi le risque d’être détectés, ceux à propulsion nucléaire peuvent rester immergés pendant des périodes beaucoup plus longues.
Séoul cherche depuis longtemps à s’en équiper pour contrer les menaces militaires croissantes de la Corée du Nord, mais la question était limitée par l’accord de coopération nucléaire entre la Corée du Sud et les États-Unis, qui exigeait l’approbation de Washington.
Bien que la Corée du Sud possède des réacteurs nucléaires, l’accord lui interdit de retraiter le combustible nucléaire usé ou d’enrichir de l’uranium à des fins militaires.
M. Ahn a insisté mardi sur le fait que la Corée du Sud « s’acquitterait scrupuleusement » de ses obligations en matière de non-prolifération nucléaire et réaffirmé que Séoul « ne possède aucune forme d’armes nucléaires et n’a aucune intention d’en développer ».
Ces sous-marins nucléaires sont « un symbole de notre détermination à assumer la responsabilité de la paix et de la sécurité dans la péninsule coréenne », a estimé à ses côtés le président sud-coréen Lee Jae Myung.




