Quatre ex-officiers de haut rang de la Marine sont jugés depuis début mars à Rio Gallegos, en Patagonie, plus de huit ans après le naufrage du San Juan, qui gît toujours par 900 mètres de fond dans l’Atlantique sud, à 500 km des côtes argentines.
Le sous-marin d’attaque TR-1700 avait appareillé d’Ushuaia pour regagner sa base de Mar del Plata, au sud de Buenos Aires. Quelques jours plus tard, le 15 novembre, il envoyait un message signalant une panne électrique et un début d’incendie. Puis plus rien.
Sa disparition, la plus lourde perte de la Marine argentine en temps de paix, avait bouleversé la population et mobilisé les navires d’une dizaine de pavillons pour plusieurs semaines de recherches.
L’hypothèse du parquet est la défaillance d’une valve qui a provoqué une entrée d’eau dans le compartiment des batteries, un incendie, puis une explosion.
Les anciens officiers sont poursuivis pour manquement à leur devoir et sinistre par négligence ayant causé la mort.
Selon l’acte de renvoi, l’accident « n’était pas dû à un fait fortuit mais à un dénouement prévisible compte tenu de l’état de l’unité (du sous-marin, NDLR) qui a rendu possible le naufrage ».
« Nous n’avons aucune preuve concluante qu’il y ait eu un manquement au devoir et encore moins que celui-ci ait pu avoir un impact sur un événement inexpliqué que nous allons appeler désastre », a déclaré Me Juan Pablo Vigliero, l’avocat du principal accusé, Claudio Villamide, l’ex-responsable des sous-marins au moment de la tragédie.
Me Vigliero a tenté de déconstruire les arguments du parquet, qui avait requis lundi cinq ans de prison pour l’ex-capitaine, et des peines comprises entre trois ans et demi et cinq ans de prison pour les trois autres accusés.
Les procureurs ont notamment estimé que M. Villamide n’avait pas pris en compte une demande d’envoi du sous-marin en cale sèche pour des inspections de sécurité.
Le procès reprendra le 6 juillet avec la plaidoirie des autres avocats de la défense. Le verdict est attendu pour août.




