Pour les vingt-cinq personnes enterrées mercredi matin dans le cimetière de la commune des Abymes, le dénouement intervient plusieurs mois après la révélation de l’affaire en février par la chaîne publique La 1ère. Cette dernière révélait alors qu’une cinquantaine de dépouilles, non réclamées par les familles, étaient en attente d’être inhumées, parfois depuis 2017.
Une trentaine de corps patientaient au CHU, une vingtaine étaient répartis dans des entreprises de pompes funèbres.
Si ces dernières avaient été saisies par la justice, il restait encore 27 corps à enterrer, donnant lieu à un bras de fer administratif entre la mairie des Abymes et la préfecture.
« Le préfet a écrit au maire des Abymes (Eric Jalton, ndlr) et mis en demeure la mairie des Abymes pour pourvoir aux funérailles de ces personnes », a précisé à l’AFP François-Xavier Richard-Rendolet, directeur de cabinet du préfet, présent sur les lieux de l’inhumation.
« Devant l’absence d’action, le préfet a donc pris un arrêté de réquisition d’un terrain communal dans le cimetière et un arrêté de substitution au maire pour mandater des pompes funèbres pour enterrer 25 personnes », a-t-il expliqué, rappelant l’obligation faite aux communes de prendre en charge les défunts non réclamés, décédés sur leur territoire.
Les cercueils en bois, ornés d’une simple étiquette indiquant les noms, dates de naissance et de décès des personnes, ont donc été déposés dans des fosses communes. Certains proches étaient présents, notamment ceux d’enfants, ayant appris l’absence d’inhumation de leur bébé mort-né, après les révélations de la presse.
« Deux jeunes enfants sont encore au CHU, en raison d’erreurs dans leur certificat de décès », précise encore le représentant de l’Etat. Leur inhumation devrait intervenir sous peu.
Mercredi après-midi, « un temps de recueillement et de prière » interconfessionnel, à l’initiative de l’évêque de Guadeloupe, doit avoir lieu devant les sépultures, afin de rappeler « à l’ensemble de la société que le respect dû à chaque être humain ne s’éteint pas avec la mort », a écrit ce dernier, très mobilisé sur cette affaire, dans un communiqué.




