Saisi en septembre 2025 par Mayotte Nature Environnement, France Nature Environnement et le Groupe d’études et de protection des oiseaux à Mayotte (Gepomay), le tribunal a sursis à statuer sur leur recours contre l’autorisation délivrée le 3 juillet 2025 au syndicat mixte Les eaux de Mayotte (LEMA).
« Un délai de six mois est accordé au syndicat mixte Les Eaux de Mayotte et au préfet de Mayotte pour corriger trois illégalités identifiées par le tribunal », précise le communiqué de la juridiction.
Le jugement reproche à l’arrêté un défaut d’information du parc naturel marin sur les molécules chimiques rejetées dans le lagon, doublé d’une compensation insuffisante des zones humides détruites. Il pointe aussi l’absence d’écran anti-matières en suspension pour les travaux en mer et de mesure de protection du palétuvier gros poumon, un arbre de mangrove menacé.
L’autorisation, écrit le tribunal, est « suspendue jusqu’à la délivrance éventuelle » d’une régularisation. Les associations réclament, elles, l’annulation de l’arrêté et la démolition des ouvrages déjà réalisés.
Département le plus pauvre de France, Mayotte subit depuis des années des coupures d’eau chroniques, faute d’infrastructures suffisantes et en raison de sécheresses aggravées. La crise a culminé fin 2023, quand la population a été rationnée pendant des mois, de l’eau n’étant distribuée qu’un jour sur trois par endroits.
En construction sur la côte est de Grande-Terre, l’île principale de Mayotte, l’usine – la deuxième usine de dessalement de Mayotte après celle de Petite-Terre – doit produire 10.000 m3 d’eau potable par jour, en rejetant ses eaux et de la saumure dans le lagon de l’île, réputé pour sa biodiversité.
Les associations lui reprochent ce rejet de saumure, un concentré de sel qui, déversé dans le lagon, menacerait selon elles des espèces marines et la mangrove voisine.