Le groupe « a réussi à cibler le pétrolier saoudien +Wafa+ dans le nord de la mer Rouge, au large du port de Yanbu, avec plusieurs missiles balistiques », a affirmé le porte-parole militaire des Houthis, Yahya Saree, dans une allocution vidéo, annonçant également une intensification des attaques dans cette zone.
Plus tard dans la journée, il a indiqué qu’un second pétrolier saoudien, le « Daisy », avait été touché par un missile balistique, cette fois-ci dans le golfe d’Aden.
Il s’agit des huitième et neuvième navires visés depuis l’annonce du blocus, fin juillet, contre la flotte de Ryad, selon des chiffres communiqués par les rebelles.
Cette campagne lancée par les Houthis menace les capacités de l’Arabie saoudite, allié du gouvernement yéménite et premier exportateur de brut au monde, à acheminer son pétrole vers les marchés internationaux, après le verrouillage iranien du détroit d’Ormuz, de l’autre côté de la péninsule, depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février.
Avec le blocage d’Ormuz, le port de Yanbu est devenu le principal point de sortie du pétrole saoudien, tandis que le détroit de Bab el-Mandeb, à la limite sud de la mer Rouge, est devenu un passage crucial pour le trafic maritime.
Ce détroit stratégique relie la mer Rouge à l’océan Indien et, via le canal de Suez, à la Méditerranée.
Selon M. Saree, le blocus des Houthis a poussé l’Arabie saoudite à détourner « ses pétroliers vers le nord de la mer Rouge », où le groupe entend désormais « intensifier » ses attaques « pour fermer tous les points d’accès et empêcher leur passage ».
Les exportations maritimes de brut saoudien via le détroit de Bab el-Mandeb ont été multipliées par huit entre mars et mi-juillet 2026 par rapport à la même période en 2025, selon les données du service de suivi maritime Kpler.
Elles ont atteint près de 100 millions de barils pour le mois de juin, contre sept millions en février. En avril et en mai, l’ensemble des exportations maritimes de brut saoudien sont parties du port de Yanbu, d’après Kpler.
Après plusieurs années d’accalmie, les hostilités ont récemment repris entre les rebelles et l’Arabie saoudite, qui avait apporté son soutien militaire au gouvernement yéménite à partir de 2015, ouvrant un nouveau front dans le conflit en cours entre les Etats-Unis, alliés de Ryad, et l’Iran.
En représailles, la coalition dirigée par l’Arabie saoudite a ciblé des sites militaires houthis qui menaçaient la navigation en mer Rouge.




