Dans un courrier aux maires de l’archipel daté de lundi et obtenu par l’AFP, le Premier ministre reconnaît que « la reconstruction et le développement du territoire sont trop lents » depuis le passage meurtrier du cyclone en décembre 2024, malgré la mobilisation de l’État et des collectivités, et les crédits de 4 milliards d’euros prévus dans la loi quinquennale 2026-2031, promulguée le 11 août 2025.
Sébastien Lecornu souligne notamment des « difficultés persistantes » d’accès à l’eau, aux soins, « les besoins de construction et de rénovation des écoles, les retards dans la livraison ou la mise en service d’équipements publics », ainsi que « les incertitudes » entourant la réalisation de certains projets, qui « nourrissent une impatience que je comprends et que je partage ».
L’intersyndicale CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, FSU, Solidaires, Unsa, Snalc de ce département le plus pauvre de France, a appelé à des grèves et manifestations lors de cette visite pour réclamer une hausse des salaires visant à compenser la cherté de la vie.
M. Lecornu, dont ce déplacement sera le premier en Outremer depuis sa nomination à l’automne, entend répondre avec les maires à ces difficultés qui ne sont « plus » une question de crédit: « les projets doivent sortir de terre car les financements sont là ».
Il évoque aussi des décisions à venir dans la lutte contre l’immigration clandestine, alors que la moitié des 323.000 habitants de l’archipel sont étrangers selon l’Insee, ou « la maîtrise civilo-militaire des espaces maritimes » français dans le stratégique Océan indien.
Le chef du gouvernement ne veut pas « présenter un énième plan supplémentaire » mais « identifier les décisions » à prendre, « les moyens qui doivent être renforcés et les obstacles qui doivent être levés », alors que seuls 12% des crédits votés et délégués en 2026 ont été dépensés.
Il réaffirme le « caractère définitif et irréversible des projets structurants » prévus par la loi: la construction d’un second hôpital et d’un nouvel aéroport, la mise en place d’un deuxième établissement pénitentiaire ou d’une usine de dessalement.
« Aucune mesure d’économie ne se fera sur le dos de Mayotte », promet M. Lecornu alors qu’il entend modérer les dépenses dans un contexte budgétaire tendu.
À l’issue de ce déplacement, « un comité de suivi » interministériel se réunira chaque mois à Matignon et le Premier ministre reviendra à Mayotte début 2027.
Sébastien Lecornu invite d’ici là les maires de l’archipel, ainsi que le président du département-région Ben Issa Ousséni, à venir à Matignon en novembre, à l’occasion du Congrès des maires, « pour dresser ensemble un premier point d’étape ».




