Après s’être vu décerner son prix, il a rendu un hommage appuyé au fondateur du festival, Jean-François Leroy, décédé lundi, qui lui avait « donné sa chance » en exposant pour la première fois ses images en 2018 alors qu’il « essayai[t] de [se] tracer un chemin » dans ce milieu. « Personne n’a fait autant pour notre écosystème », a-t-il encore salué.
La génération Z, c’est-à-dire les jeunes adultes de moins de 30 ans, s’est trouvée au coeur de plusieurs mobilisations en 2025, notamment au Népal, au Bangladesh, en Bulgarie et donc à Madagascar, grande île de l’océan Indien où d’importantes manifestations, débutées le 25 septembre et violemment réprimées, ont conduit l’armée à renverser mi-octobre le président Andry Rajoelina.
Luis Tato, 37 ans, a passé une dizaine de jours parmi les manifestants qui dénonçaient entre autres la défaillance des services publics, la corruption et les difficultés économiques persistantes.
« Je pense que ce mouvement mondial de jeunes qui essaient de redéfinir la démocratie et de faire évoluer leur société constitue une dynamique très intéressante, qui me fascine à la fois en tant que photographe et en tant que personne qui cherche à comprendre le monde dans lequel nous vivons », a confié Luis Tato à l’AFP avant de recevoir son prix.
Le photographe, salarié de l’AFP depuis 2023, a remercié samedi soir les jeunes de Madagascar, qui « savaient à quel point il était important que leur histoire soit racontée » et auxquels il a exprimé son « profond respect ».
Déjà lauréat en 2018 du Prix de la ville de Perpignan Rémi Ochlik, qui récompense de jeunes photographes, Luis Tato a aussi été distingué trois fois par le World Press Photo (2021, 2025 et 2026) et reçu le titre de « photographe de l’année » en 2023, décerné par le concours Pictures of the Year International.
Luis Tato occupe à Nairobi, au Kenya, le rôle de chef photographe et coordinateur photo de l’AFP pour l’Afrique de l’Est et l’océan Indien.




