L’incendie du M/V June Aster près de Coron, une destination touristique prisée de l’île de Palawan, a fait au moins cinq morts, tandis que 84 personnes, dont le capitaine et le chef mécanicien du navire, sont toujours portées disparues.
Des corps ont été retrouvés dans la zone de la classe économique du bateau.
« Nous ne pouvons pas encore fournir de chiffres exacts », a déclaré à l’AFP la porte-parole des garde-côtes, Noemie Cayabyab. « Nous les communiquerons une fois que nous aurons procédé aux opérations de récupération et de relevage », a-t-elle ajouté, précisant qu’une réunion était en cours pour déterminer les protocoles adéquats.
Elle a précisé que l’ensemble du navire avait désormais été fouillé.
Des secouristes sont à pied d’oeuvre, bravant d’épaisses fumées, à la recherche des disparus. Cinq personnes ont été officiellement déclarées mortes, mais ce bilan devrait désormais augmenter.
« Tout s’est passé en quelques secondes », a témoigné plus tôt dans la journée Noemie Cayabyab à la radio. « Du moment où ils ont entendu la forte explosion, à l’apparition de la fumée, puis du feu… Il s’est propagé très rapidement », a-t-elle expliqué, rapportant les témoignages des rescapés.
Ceux qui avaient réussi à quitter le navire n’avaient même pas eu le temps de mettre leurs gilets de sauvetage, a-t-elle ajouté.
L’incendie, parti de la cale, pourrait s’être propagé encore plus rapidement en raison des forts vents contraires signalés par des passagers, a précisé Mme Cayabyab.
Des enquêteurs de la police et des militaires ont embarqué vendredi après-midi à bord de deux petits canots pneumatiques pour rejoindre le navire, échoué sur une petite île au large de Coron.
Des centaines de personnes désespérées d’obtenir des nouvelles de l’accident ont publié des commentaires sur la page Facebook d’un maire local, à la recherche de proches, d’amis et même d’un chien.
– « J’ai perdu espoir » –
A proximité, un terrain de basket couvert sert de poste de commandement et des rubans de la police délimitent la zone, interdite au public. Un membre de l’unité d’enquête de la police a été entendu demandant à un collègue s’il y avait sur place des « sacs mortuaires ».
Près du quai, un membre de la famille de l’une des personnes disparues pleurait en regardant la mer. Myra Cabilan a confié à l’AFP qu’elle avait pris l’avion pour Coron afin de retrouver son frère porté disparu, Rammel Gonzaga, âgé de 40 ans, qui avait pris le ferry à partir de Manille pour un voyage d’affaires avec son beau-frère.
« Sa femme venait d’accoucher il y a un mois, il était tellement heureux d’avoir une fille », a déclaré Mme Cabilan, retenant ses larmes.
« A l’aube, je croyais encore qu’il avait survécu, mais il est toujours porté disparu, j’ai perdu espoir ».
Le manifeste du ferry faisait état de 134 passagers et membres d’équipage. Le navire transportait également des marchandises, un véhicule électrique, un pick-up et des motos.
Sur les 43 personnes secourues, 30 étaient des passagers et 13 des membres d’équipage, selon les garde-côtes. L’identité d’un autre survivant n’était pas immédiatement établie.
Les Philippines, archipel de 116 millions d’habitants, ont connu au fil des ans de nombreuses catastrophes impliquant les ferries inter-îles qui naviguent dans leurs eaux.
En janvier, un ferry transportant plus de 340 personnes a coulé dans le sud des Philippines, faisant au moins 52 morts.
Le M/V Trisha Kerstin 3 a sombré sur une route maritime presque identique à celle où 31 personnes avaient péri en 2023 après l’incendie du ferry Lady Mary Joy 3.
Jeudi, la compagnie propriétaire du M/V June Aster, Atienza Interisland Ferries Inc, a indiqué qu’elle coopérait pleinement avec l’enquête.




