Institutrice née à Cayenne, infirmière de la France libre à Brazzaville, condamnée à mort par contumace par Vichy, Eugénie Éboué-Tell fut élue en octobre 1945 députée de Guadeloupe, seule femme noire parmi les 33 premières députées, puis sénatrice et membre du Conseil économique et social.
« Elle n’était ni dans son ombre ni à sa suite. Elle était à ses côtés », a insisté Mme Moutchou.
Jusqu’ici, la salle ne portait que le nom de Félix Éboué, le gouverneur du Tchad qui rallia le territoire à la France libre en août 1940. Deux portraits du couple signés du street artist C215 encadrent sa porte.
Les élèves du collège Eugénie-Tell-Éboué de Saint-Laurent-du-Maroni (Guyane) ont écrit au président de la République pour demander sa panthéonisation, a-t-elle rappelé, disant vouloir « poursuivre » le travail engagé par son prédécesseur.
« Le dossier est à l’Élysée. Ça reste de la décision du président de la République, et du président seul », a expliqué à l’AFP Guillaume Villemot, biographe d’Eugénie Éboué, qui milite pour sa panthéonisation. Sébastien Lecornu, alors ministre des Outre-mer et aujourd’hui Premier ministre, avait le premier saisi le chef de l’État, selon lui.
Ce serait « un hommage ultramarin qui n’a jamais été rendu », plaide-t-il. Joséphine Baker, entrée au Panthéon en 2021? « Elle était pas ultramarine, elle était américaine ».
Les photographies exposées viennent de Marie-Françoise Éboué, épouse de Charles, le plus jeune fils du couple.
Un transfert au Panthéon, « c’était le souhait de ma belle-soeur Ginette », leur fille, « ça fait un moment qu’on le demande, non pas pour faire une grande histoire, mais réunir les époux », a-t-elle expliqué, arborant une croix de Lorraine épinglée sur sa marinière.
La salle accueillera le 24 septembre une projection du documentaire « Eugénie Éboué-Tell, une héroïne française », a annoncé la ministre.
À l’entrée, sous le portrait d’Eugénie, une plaque explicative reproduit un extrait de sa déclaration de candidature aux élections sénatoriales de 1952 en Guyane: « Ensemble, d’un même coeur, travaillons au relèvement de la Guyane ».




