Le vortex polaire est un vaste phénomène de vents très puissants circulant entre 10 et 50 km d’altitude au-dessus de l’Arctique durant l’hiver dans l’hémisphère nord. Des variations dans son intensité et sa configuration (forme, température, etc.) peuvent avoir des conséquences sur la météo en Europe, entraînant par exemple une baisse importante des températures.
« Les modèles s’accordent sur une perturbation majeure du vortex dans la haute atmosphère (entre 10 et 50 km d’altitude) en ce début du mois de novembre » qui ne « s’est jamais produite avant fin novembre (…) depuis les années 1950 », a indiqué Météo France à l’AFP.
Elle se déroule le plus souvent en janvier ou février.
Une telle précocité « est exceptionnelle », abonde Grahame Madge, porte-parole du Met Office britannique, interrogé par l’AFP. Une possible explication serait « l’amplitude du phénomène El Niño dans le Pacifique » cette année, ajoute-t-il.
Le Met Office explique qu’un affaiblissement du vortex, en raison notamment d’un réchauffement stratosphérique, peut accroître la probabilité que de l’air plus froid descende de l’Arctique vers le sud, ainsi qu’une perturbation du régime de vents d’ouest, entraînant un temps plus sec.
A ce stade, Météo France estime que les conséquences pour la météo restent « très incertaines » en France, et « dépendront de la façon dont la perturbation va évoluer ».
Le phénomène pourrait « renforcer d’ici à plusieurs semaines » les différences de températures entre le nord et le sud de l’Europe, avec un temps plus froid au nord et plus chaud au sud, ajoute l’agence.
Mais cette précocité pourrait aussi aboutir à des effets « moins marqués » que lorsque la perturbation se produit en plein hiver, souligne Grahame Madge.
« En effet, les températures dans les régions sources de ces masses d’air, comme la Sibérie ou l’Arctique, ne sont pas encore aussi basses qu’elles le seront en février », explique-t-il.
Surtout, « il faut qu’un certain nombre d’éléments se produisent dans un ordre précis pour que nous (…) puissions en ressentir les effets, et cela n’est en rien garanti », ajoute-t-il.




