Baleine: les anti-pêche se frottent les mains mais craignent une parade de Tokyo

La CIJ a estimé lundi que le Japon enfreignait un moratoire de la Convention baleinière internationale (CBI) datant de 1986 et n’autorisant la chasse à la baleine qu’à des fins scientifiques.

Le Japon, a motivé la CIJ en substance, ne justifie pas suffisamment de l’intérêt de ses prises pour la science alors même qu’une grande partie de la viande prélevée finit sur les étals.

Conseil de l’Australie devant la CIJ, l’ancien « attorney-general » australien, équivalent en France du Garde des sceaux, a salué le jugement tout en admettant que « sur le papier », la décision de la cour laissait toute latitude au Japon pour redessiner sa politique baleinière.

« J’encourage le gouvernement (australien) à travailler avec le Japon sur la recherche non-létale pour que jamais plus on ne tue les baleines dans l’océan Austral », a déclaré Mark Dreyfus.

Pour le ministre néo-zélandais des Affaires étrangères, Murray McCully, « la décision de la CIJ enfonce un harpon géant dans la légalité du programme de chasse à la baleine du Japon ».

Le Japon, a-t-il ajouté, pourrait « essayer de mettre sur pied un nouveau programme sur des bases scientifiques qui lui permettrait de recommencer à chasser la baleine dans l’océan Austral ».

Aussi « notre tâche est-elle de faire en sorte de mener un dialogue diplomatique qui le dissuade de prendre ce chemin », a insisté le ministre.

Selon Steven Freeland, expert en droit international à Sydney, le Japon pourrait en effet s’engouffrer dans l’arrêt de la CIJ qui permet l’abattage de baleines à des fins scientifiques, mais en plus petit nombre que le quota fixé chaque année par Tokyo.

Canberra accuse le Japon d’avoir tué plus de 10.000 baleines entre 1987 et 2009, principalement des petits rorquals.

– « Diabolisation » du Japon –

« Le problème pour le Japon a été d’ignorer les méthodes non-létales pour la recherche ou de justifier le nombre de prises déclarées », explique Steven Freeland.

Il pourrait « dessiner et mettre en oeuvre un nouveau programme qui prenne en compte ces critères », avance-t-il.

Le Japon a assuré que, bien que « profondément déçu », il respecterait cette décision sans exclure, de fait, une révision de son plan de pêche.

« La baleine est une importante source alimentaire et la position du gouvernement d’y recourir sur des fondements scientifiques demeure », a plaidé mardi le ministre de la Pêche, Yoshimasa Hayashi.

« Nous allons examiner la décision et étudier rapidement » les mesures à prendre, a-t-il dit, cité par l’agence de presse Jiji.

Un blogueur populaire au Japon, dont le nom de plume est Hikosaemon, reproche à Canberra et Tokyo de « chercher une validation morale de leurs positions » respectives.

L’ironie, pour le Japon, c’est que le débat ne passionne pas les Japonais.

Mais la « diabolisation » du Japon sur ce sujet a « nourri un esprit de résistance » dans l’archipel, sur le thème du « respect mutuel entre pays aux valeurs culturelles différentes », estime-t-il.

Au final, le Japon devra « se demander si la mauvaise publicité que lui fait cette question en vaut la peine, même s’il parvient à régler les aspects techniques » du contentieux, conclut-il.

La Norvège et l’Islande sont les deux seuls pays au monde à officiellement pratiquer la chasse à la baleine à l’échelle commerciale.

burs-hg/gab/fmp/mcj

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