Carcassonne: 10 ex-chefs du 3e RPIMa s’inquiètent d’une fermeture

Le député-maire de Carcassonne Jean-Claude Perez (PS) a dit à l’AFP être “furieux que ce quarteron de généraux en retraite propage une rumeur irrationnelle”, ajoutant avoir “l’assurance que le +Trois+ ne va pas disparaître, ni avant ni après” les municipales de mars 2014.

Ces dix anciens chefs de corps à la retraite ont successivement dirigé, entre 1976 et 2008, le régiment créé par le général Marcel Bigeard il y a 70 ans.

Dans leur lettre ouverte, dont l’AFP a eu connaissance, ils font état d’informations sur “une disparition du 3e RPIMA à plus ou moins court terme”. Ils demandent au ministre de “bien vouloir réétudier ce choix, même si l’on nous assure que rien n’est encore figé”.

Du côté de la 11e brigade parachutiste dont dépend ce régiment comme le 8e RPIMA de Castres (Tarn), on qualifie de “rumeur” l’éventuelle disparition du 3e RPIMA tout en reconnaissant “l’ampleur de cette rumeur dans les réseaux sociaux et la presse locale”.

Le projet de loi de programmation militaire 2014-2019 prévoit 24.000 nouvelles suppressions de postes en plus des 54.000 déjà décidées en 2009 par la majorité précédente (dont 10.000 encore à réaliser).

Les axes de la réorganisation devraient être connus dans les prochaines semaines, mais les annonces de dissolutions pourraient n’être faites qu’après les municipales.

Les signataires rappellent les états de service “prestigieux” du régiment, en soulignant que 477 des 30.000 hommes qui en ont porté l’uniforme “sont morts pour la France, depuis 70 ans, en Asie, en Afrique, au Proche et au Moyen-Orient, mais aussi en Europe”.

Ils rappellent que le “Trois” fut le seul régiment de la division parachutiste demeuré légaliste à l’heure du putsch d’Alger d’avril 1961.

Selon eux, le “Trois” est “un régiment d’infanterie dont l’armée de terre manque déjà cruellement, pour répondre aux défis des engagements futurs”. “Un régiment à la fois +low cost+ et à haute valeur ajoutée”.

Ils invoquent le poids économique du régiment à Carcassonne et dans l’Aude, “durement touchés par la crise et qui vivront très mal la suppression de 1.200 emplois directs et de plus de 3.000 emplois indirects.”

Ils parlent aussi d'”esprits mal intentionnés” qui exploiteraient une dissolution “comme un solde de tout compte après la mort, “entourée de polémiques”, du général Bigeard en 2010, et après “la dramatique affaire” du 29 juin 2008.

Ce jour-là, lors d’une opération portes ouvertes, une démonstration avait fait 16 blessés graves parmi les spectateurs en raison de négligences qui avaient permis le mélange de balles réelles avec des balles à blanc.

“Je ne peux que souscrire à un tel texte, mais le +Trois+ n’est pas menacé, c’est une certitude: on ne va pas toucher aux corps d’armée d’élite opérationnels, capables de se projeter à l’extérieur, il faudrait plutôt regarder vers les régiments de chars”, rétorque Jean-Claude Perez.

Selon le maire de Carcassonne, “ces retraités le savent, mais ils se verraient bien susciter ailleurs des levées de boucliers similaires d’autres militaires retraités et ainsi mettre à mal toute la loi de programmation militaire du gouvernement”.

M. Perez se dit particulièrement “agacé” que les signataires laissent entendre dans la presse locale que la décision pourrait être annoncée après les élections municipales: “je vais faire un point presse, démentir, mais on va me regarder avec un air dubitatif en se disant +il veut laisser passer la municipale+ alors que cela n’a rien à voir”.