Depuis le 28 août, Washington et Quito, proches alliés, mènent des opérations militaires conjointes contre des bateaux de pêche accusés d’être au service des narcotrafiquants dans le Pacifique.
Les militaires américains ont intercepté et fait exploser six embarcations battant pavillon équatorien, ce qui a suscité des critiques de la part d’organisations de défense des droits humains et de pêcheurs, lesquelles dénoncent la criminalisation des équipages à bord.
Les bateaux coulés étaient utilisés comme « stations-service en mer servant à ravitailler des vedettes rapides utilisées pour transporter la drogue, en particulier vers l’Amérique centrale et ensuite jusque vers l’Europe et l’Amérique du Nord », a expliqué le général Delgado dans une interview à la chaîne Teleamazonas.
Ces opérations ont été menées dans les eaux internationales et la marine équatorienne en a été informée afin de venir chercher les membres d’équipage et de les conduire vers un port pour une prise en charge judiciaire, a-t-il ajouté.
« Il existe une coordination avec les Etats-Unis afin de pouvoir, grâce à des renseignements d’ordre militaire, déterminer exactement quels sont les navires ou les vedettes qui font partie de la chaîne logistique du narcotrafic », a relevé le chef militaire.
Jusqu’à présent, 28 pêcheurs ont été libérés faute de charges tandis que 32 autres font l’objet d’une enquête pour association illicite et doivent se présenter chaque semaine devant un juge, selon les médias locaux.
Avec ses ports sur le Pacifique et sa position géographique entre la Colombie et le Pérou – les plus grands producteurs mondiaux de cocaïne – l’Equateur est devenu en quelques années le point de départ de 70% de la cocaïne mondiale.
Soutenu par les Etats-Unis, le président équatorien Daniel Noboa mène une guerre contre le narcotrafic et a fait entrer son pays dans le « Bouclier des Amériques », coalition antidrogue de pays d’Amérique latine et des Caraïbes dirigée par le président américain Donald Trump.
Selon Human Rights Watch, entre janvier et mars, trois embarcations ont été attaquées par les forces américaines au large de l’Equateur, faisant au moins huit disparus, ce qu’a nié Washington.
L’ONG équatorienne Comité permanent pour la défense des droits humains dénonce, elle, au moins 143 « détentions arbitraires » de pêcheurs en 2026, ainsi que des « disparitions forcées, actes de torture et destructions d’embarcations par des explosions déclenchées par des militaires américains ».




