Pour Radio France, cette somme représente 10% du total de ses coûts de diffusion, après des économies de sept millions fin 2015 avec la mort en ondes moyennes de France Bleu et de France Info.
France Inter conseille aux 5 à 7% de ses auditeurs qui l’écoutent encore en grandes ondes, soit moins de 500.000 personnes, à basculer leur poste sur la FM ou à écouter la radio sur internet ou par satellite.
La station propose une aide « sur-mesure » à ceux qui ne trouveraient pas de solution, comme les 3% de Français qui résident hors des zones de couverture FM, ou les auditeurs frontaliers, notamment en Belgique et en Suisse.
Les grandes ondes (ou ondes longues), étaient les seules à couvrir l’ensemble du territoire français sur une fréquence unique (162 khz). RTL, RMC et Europe 1 continuent de leur côté à diffuser en grandes ondes pour toucher les zones où elles ne sont pas présentes en FM.
Cette suppression a suscité quelques réactions depuis son annonce en août. Un groupe Facebook pour le maintien des grandes ondes a été créé et une pétition en ligne a recueilli 4.000 signatures.
« Le service public continue sa mission d’utilité sociale, mais uniquement pour la société connectée », a regretté l’équipe de l’animatrice Charline Vanhoenacker.
De nombreux fidèles de la station regrettent également la fin de la météo marine quotidienne, programmée après le journal de 20h00, qui n’était plus diffusée en FM depuis 2009. Un millier de lettres et de poèmes étaient alors parvenus à la radio pour s’en plaindre, selon un documentaire diffusé sur France Culture.
Les marins, les passionnés de mer et les auditeurs charmés par le vocabulaire onirique de ce bulletin météo devront maintenant se tourner vers les cartes de Météo France.
– Emetteur historique –
L’arrêt des ondes longues menaçait surtout l’existence de l’émetteur historique d’Allouis, construit près du centre géographique de la France dans le Cher, et dont les deux pylônes de 350 m de haut envoyaient les ondes à travers l’Hexagone et bien au-delà.
L’opérateur TDF continuera d’y diffuser le signal horaire de référence élaboré à partir d’horloges atomiques, qui fournit l’heure légale française à de nombreux services et entreprises.
« Le gouvernement a souhaité maintenir ce service », a précisé un porte-parole de TDF qui emploie 15 personnes sur le site. Il a missionné l’Agence nationale des fréquences pour passer un marché d’une durée d’un an avec l’opérateur et poursuivre la diffusion de ce signal, qui « a l’avantage de pouvoir être mieux reçu dans des espaces intérieurs que d’autres bases de temps, comme celles du GPS ou des réseaux de téléphonie mobile », selon TDF.
Des panneaux d’information, des systèmes de commandes de l’éclairage public ou encore la synchronisation des horodateurs en dépendent.
Si le CSA a lancé le 21 décembre un « appel à manifester son intérêt » pour reprendre la fréquence grandes ondes abandonnée par France Inter, il est peu probable que des professionnels s’intéressent à ce coûteux canal qui diffuse encore en mono, alors que la FM a habitué les auditeurs à la stéréo.




