Gibraltar s’insurge contre une menace espagnole d’imposer un péage

“Nous avons assisté ce week-end à des tentatives d’intimidation d’un style que nous n’avions pas vu depuis un certain temps”, a déclaré le chef du gouvernement de Gibraltar, Fabian Picardo, dans une interview radiophonique à la BBC.

Il réagissait à des propos du ministre espagnol des Affaires étrangères José Manuel Garcia-Margallo, qui a indiqué dimanche dans le journal conservateur ABC que l’Espagne envisageait entre autres mesures d’introduire un droit de péage de 50 euros pour entrer ou sortir de l’enclave britannique.

Le territoire est depuis quelques jours l’objet d’un regain de tension en raison de la construction par Gibraltar d’un récif artificiel en béton dans la Méditerranée pour mettre fin aux incursions dont sont accusés les pêcheurs espagnols.

“Ce qu’a dit M. Garcia-Margallo fait penser davantage à des déclarations que l’on pourrait attendre de la Corée du Nord plutôt que de la part d’un partenaire européen”, a poursuivi Fabian Picardo.

“On avait déjà vu ça à l’époque de Franco dans les années 1960 mais je crois que nous espérions tous que ces méthodes politiques n’allaient jamais redevenir d’actualité”, a-t-il ajouté en référence à la fermeture de la frontière décrétée par la dictature franquiste en 1969.

“Les déclarations attribuées à M. Margallo dans ABC sont les plus rétrogrades et menaçantes jamais entendues depuis la fermeture de la frontière et rappellent clairement les méthodes politiques et tactiques vis à vis de Gibraltar mises en oeuvre par le régime fasciste de Franco dans les années 1950 et 1960”, a encore indiqué le gouvernement de Gibraltar dans un communiqué.

Le Premier ministre britannique David Cameron s’est dit “très préoccupé” par les récents développements concernant Gibraltar, a indiqué un porte-parole, précisant toutefois que les autorités espagnoles n’avaient pas évoqué avec Londres lesdites propositions.

“Nous cherchons à avoir une explication de leur part concernant des informations selon lesquelles ils pourraient viser Gibraltar avec de nouvelles mesures”, a ajouté le porte-parole.

La question des droits de pêche est un motif de discorde récurrent entre Londres et Madrid, qui réclame depuis longtemps le retour de Gibraltar, territoire cédé en 1713 par l’Espagne à la Grande-Bretagne, sous sa souveraineté, ce que Londres refuse en faisant valoir l’opposition de la population locale à une telle mesure.