Le probable candidat à l’élection présidentielle Raphaël Glucksmann, cible d’une campagne de désinformation d’origine russe, a appelé mercredi sur RTL les autorités françaises et européennes à ne pas avoir « la main qui tremble » face à ces ingérences étrangères.
Au-delà de la tentative de déstabilisation de la Russie de Poutine, il faut aussi que « les grandes plateformes américaines et chinoises, en particulier X et TikTok, soient obligées de respecter les règles européennes » et sanctionnées si elles ne le font pas, a déclaré l’eurodéputé.
« Ce que je demande, c’est qu’on n’ait pas la main qui tremble face à Elon Musk et X, qu’on n’ait pas la main qui tremble face au Parti communiste chinois », a-t-il ajouté.
Et de rappeler les soupçons entourant le candidat d’extrême droite Calin Georgescu lors de la présidentielle de 2024 en Roumanie. Arrivé à la surprise générale en tête du premier tour, il a été accusé par les autorités roumaines d’avoir bénéficié d’une campagne de soutien illicite orchestrée par Moscou, notamment sur TikTok. L’élection a été annulée et le pro-européen Nicusor Dan a finalement remporté le scrutin quelques mois plus tard.
« Il n’y a pas eu de sanctions prises contre TikTok », a déploré Raphaël Glucksmann. « Ce qui s’est passé en Roumanie peut tout à fait arriver en France. »
Après une première attaque en juillet visant le candidat d’Horizons Edouard Philippe, Raphaël Glucksmann, critique virulent de Vladimir Poutine, a été ces derniers jours la cible d’une opération de déstabilisation menée par le groupe prorusse Storm-1516, directement piloté par le GRU, les services secrets de l’armée russe.
Mercredi, c’est le patron de Renaissance Gabriel Attal qui a à son tour annoncé avoir été visé par « une ingérence en provenance de Russie ».
– Algorithme « pipé » –
La patronne des Ecologistes Marine Tondelier, candidate à la présidentielle, estime de son côté, dans un entretien à Libération, que « menacer des plateformes comme X d’une interdiction pendant les élections me semble nécessaire. Et il faut appliquer cette sanction en cas d’ingérences constatées en amont ».
Elle précise que l’algorithme de X est selon elle « une ingérence beaucoup plus forte dans la vie démocratique » car il a « un impact beaucoup plus structurel, quotidien, de chaque minute dans la désinformation ».
« La question de ce réseau social n’est pas juste une question de +liberté d’expression+ ou de +liberté d’entreprendre+. Cet outil est la propriété d’une personne, basée aux Etats-Unis, avec une idéologie suprémaciste et qui, clairement, veut faire basculer l’Europe dans une soumission totale aux Etats-Unis », déplore-t-elle encore, en dénonçant un algorithme « pipé ».
Elle considère qu’il faut aussi « imposer le cadre légal européen (le digital service act ou DSA) et sanctionner les plateformes de réseaux sociaux qui n’agissent pas assez vite pour lutter contre ces campagnes, qui refusent de transmettre des informations ou d’enlever des contenus problématiques ».
Contrairement à M. Glucksmann, elle considère que « ce n’est pas sur TikTok que s’organise le débat politico-médiatique. En revanche, c’est un réseau social avec une vraie influence auprès des jeunes et qui pose d’autres problèmes, notamment en termes de protection des données personnelles ».
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