La conserverie concarnoise Gonidec mise avec succès sur le haut de gamme

Conçus à l’ancienne ceux-ci se retrouvent chaque jour un peu plus sur les tables européennes, mais aussi américaines ou asiatiques.

“Nous connaissons un joli développement à l’export”, se félicite Jacques Gonidec, troisième du nom à la tête de la maison fondée en 1959, récemment rénovée et agrandie et dont les produits sont vendus sous la marque Mouettes d’Arvor.

“Nous avons doublé notre progression à l’export entre 2011 et 2012, passant de 2,5% du chiffre d’affaires à 5,5”, explique le dirigeant à la tête de l’entreprise depuis 1990.

La conserverie, la dernière de taille industrielle à Concarneau (Finistère), qui en a connu plus de 30 dans les années 1950, table pour 2013 sur une part à l’export de 7% du chiffre d’affaires.

Elle exporte vers les autres pays européens – Belgique, Angleterre, l’Allemagne notamment -, mais aussi vers les Etats-Unis et certains pays asiatiques.

Avec une cinquantaine de salariés, la société ouvre régulièrement des magasins en France, accroissant petit à petit sa clientèle. “Tout ça mis bout à bout ça donne des petits ruisseaux, et les petits ruisseaux font les grandes rivières”, assure, optimiste, M. Gonidec, indiquant que le chiffre d’affaires a progressé de l’ordre de 13% en 2012.

Spécialisée dans la sardine en boîte, l’entreprise est pourtant confrontée, comme l’industrie dans son ensemble, à une hausse des prix des matières premières liée à un approvisionnement difficile, la ressource se faisant rare.

Cependant, elle continue d’acheter de la sardine bretonne, laissant à d’autres le soin de s’approvisionner en produits congelés venant du Maroc, d’Espagne ou du Portugal.

Travail “à la main”

Dans un vaste atelier, vingt-cinq ouvrières enlèvent à la main la peau, la queue et les arrêtes des sardines débarquées le matin même. Préalablement éviscérés et étêtés, toujours à la main, les poissons sont ensuite rangés dans leurs petites boîtes. Le travail est méthodique et précis, presque instinctif.

“On essaie de faire le maximum”, assure fièrement Solène, 37 ans, dont 19 passées dans l’entreprise. Tout de blanc vêtue jusqu’à la charlotte, la sardinière confie ainsi son attachement à l’entreprise.

Mais pour se faire une meilleure idée de l’ambiance régnant dans l’atelier il faut avoir vu “Les Seigneurs”, une comédie d’Olivier Dahan sortie en septembre 2012 et dont des scènes ont été tournées dans l’entreprise.

“En privilégiant la matière première locale, en travaillant comme au début du siècle, en éviscérant les sardines à la main et en les faisant frire à l’huile (et non à la vapeur, ndlr) on a un produit de très grande qualité”, se félicite M. Gonidec, estimant que c’est la seule façon d’éviter une délocalisation de la production.

“Une ouvrière nous coûte 22 euros de l’heure, au Maroc c’est 6 euros la journée… il faut donc vraiment faire en sorte que le produit soit complètement différent”, explique-t-il, assurant que quand le consommateur achète des sardines Mouettes d’Arvor, il “achète un produit +équitable+ sans avoir besoin de courir en Amérique centrale”.

La conserve de sardines “c’est encore une industrie de main d’oeuvre, c’est assez rare, mais ça existe encore”, assure Pierre Commère, délégué général de l’industrie du poisson au sein de l’Association des entreprises de produits élaborés (Adepale), soulignant “l’engouement des gens pour les produits traditionnels”.

Pour faire ressortir la particularité de ses produits, la conserverie – d’où sortent aussi du thon blanc germon, des anchois, des filets de maquereaux, rillettes et mousses – apporte un soin particulier à ses boîtes, avec des illustrations originales et des séries limitées, où figurent le nom du pêcheur et de son bateau.

L’entreprise est par ailleurs membre de l’association Produit en Bretagne, une façon aussi de valoriser sa production.