La Russie multiplie les manoeuvres militaires dans l’Arctique

Moscou, 30 mars 2021 (AFP) – La Russie était engagée mardi dans de nouveaux exercices militaires dans l’Arctique, région stratégique où elle a multiplié sa présence ces dernières années et où ses intérêts s’opposent à ceux de plusieurs pays dont les Etats-Unis.

Les toutes dernières manoeuvres ont débuté lundi et doivent durer “plusieurs jours”, selon le ministère de la Défense. Elles impliquent une simulation de la destruction d’un avion par des systèmes anti-aériens Pantsir-S1, le ravitaillement en vol de chasseurs MiG-31 et la neutralisation d’une attaque de drones en supprimant leurs signaux de contrôle.

Elles font suite à un exercice naval vendredi, lorsque trois sous-marins à propulsion nucléaire ont fait surface dans les glaces de l’Arctique, une première dans l’histoire de la Russie post-soviétique selon l’armée, et une opération vanté par le président Vladimir Poutine.

Selon l’amiral russe à la retraite Viktor Kravtchenko, interrogé par l’agence Interfax vendredi, “il s’agit d’un entraînement au combat intensif habituel, mais il s’agit aussi d’un signal adressé à nos amis étrangers – les Américains”.

“De toute évidence, l’objectif était de montrer: n’essayez pas de maîtriser les mers du Nord. Nous sommes ici depuis longtemps”, jugeait-il.

Vladimir Poutine a fait de l’exploitation économique de l’Arctique une priorité stratégique, notamment via la création d’une voie maritime le long des côtes nord pour relier l’Europe à l’Asie et concurrencer le Canal du Suez.

Cette route maritime, rendue davantage praticable grâce au réchauffement climatique et la fonte des glaces, est amenée à jouer un rôle croissant dans les échanges internationaux.

Côté militaire, la Russie n’a cessé d’accroître son dispositif dans l’Arctique ces dernières années, y rouvrant et modernisant plusieurs bases et aérodromes abandonnés depuis la fin de l’époque soviétique. Elle y a aussi déployé ses systèmes de défense anti-aérienne dernier cri S-400.

En 2019, elle a aussi lancé la première centrale nucléaire flottante du monde, l’Akademik Lomonossov, destinée à faciliter le développement économique de l’Arctique et à alimenter les plateformes pétrolières de cette région riche en hydrocarbures.

Les intérêts de Moscou en Arctique s’opposent à ceux de quatre autres pays, dont les Etats-Unis, qui ont envoyé en février des bombardiers stratégiques s’entraîner en Norvège et déployé des navires l’année dernière en mer de Barents, dans la zone économique exclusive de la Russie.