« Ils adoptent une stratégie de basse tension », a déclaré à l’AFP le contre-amiral Nils Andreas Stensones, qui dirige le renseignement extérieur (NIS).
« Nous les observons et ils agissent de manière responsable et professionnelle » dans la région, a-t-il dit dans un entretien en marge de la conférence de Munich sur la sécurité (MSC), interrogé sur l’activité de la flotte du Nord russe.
La Russie est accusée par de nombreux pays occidentaux de conduire des opérations de déstabilisation, de guerre hybride, notamment en mer Baltique, une autre zone de contact entre la Russie et les pays de l’Otan, par exemple en s’en prenant aux infrastructures sous-marines.
En Arctique, a expliqué le contre-amiral, la Russie « articule ses intérêts autour de trois idées: développer les routes commerciales du grand Nord, développer les infrastructures énergétiques, préserver la sécurité de ses forces nucléaires », dont une grande partie est concentrée dans la région.
Moscou doit donc « trouver un équilibre » entre la poursuite de ces intérêts et la tension avec les pays de l’Otan, a-t-il résumé.
Commentant l’évolution de la flotte du Nord, il a relevé que le nombre de sous-marins, un des points forts de la marine russe, reste constant, voire diminue un peu, mais que les bâtiments sont « plus efficaces, modernisés, discrets, difficiles à pister ».
Pendant le récent épisode de tension entre les Etats-Unis et l’Europe sur le Groenland que l’administration Trump veut acquérir, des responsables américains ont accusé les Européens de ne pas protéger l’Arctique des actions russes et chinoises.
Concernant les menées militaires chinoises dans l’Arctique, « les Chinois ne sont actifs que dans l’espace et le domaine cyber; nous n’avons rien observé d’autre en matière d’activité militaire », selon lui.
En revanche, « ce que nous constatons, c’est une augmentation du nombre de leurs navires de recherche scientifique, principalement dans la partie orientale de l’Arctique, près du versant pacifique ».
« En 2023, ils avaient un navire de recherche de ce type dans la zone ; il y en avait trois en 2024 et cinq en 2025. Nous surveillons cela parce que les navires de recherche chinois sont toujours à double usage: à des fins scientifiques, mais ils peuvent aussi servir à atteindre des objectifs militaires », a-t-il mis en garde.




