La sécurisation du Golfe de Guinée, enjeu crucial pour les pays pétroliers

« Il nous faut réagir avec fermeté si nous ne voulons pas voir diminuer le flux migratoire des marchandises dans notre espace maritime, si nous ne voulons pas compromettre notre développement et l’équilibre du monde », a déclaré le président Paul Biya à l’ouverture du sommet, face à onze autre chefs d’Etats.

Dans cette région pétrolifère aux importants flux commerciaux, la sécurité est désormais un enjeu crucial. En 2012, le Golfe de Guinée a dépassé les côtes est-africaines en nombre d’attaques: 966 marins y ont été attaqués, contre 851 la même année au large des côtes somaliennes, jusque-là considérées comme la zone la plus dangereuse au monde, selon le Bureau maritime international (BMI).

Et contrairement à ce qui se passe dans le Golfe d’Aden, où les attaques de navires visent avant l’obtention de rançons, l’objectif des pirates ouest-africains n’est pas de prendre des otages, mais plutôt de s’emparer de pétrole raffiné pour le revendre au marché noir, affirme le BMI.

Cette recrudescence des attaques inquiète les pays du Golfe de Guinée, qui espèrent doubler leur production d’or noir d’ici dix ans, pour passer de 4 à 8 millions de barils par jour. Premier producteur de pétrole africain, le Nigeria est le plus affecté par ces raids, devant la Côte d’Ivoire, le Togo, le Bénin, le Cameroun, la Guinée équatoriale et le Gabon.

« La criminalité dans le Golfe de Guinée menace la circulation des hydrocarbures raffinées et des marchandises de valeurs », a rappelé le président ivoirien Alassane Ouattara.

Le montant des butins volés en 2012 est estimé entre 34 et 101 millions de dollars (soit entre 25 et 75 millions d’euros) par le BMI.

Selon M. Ouattara, l’insécurité « limite par ailleurs les investissements et entraîne inévitablement une augmentation des primes d’assurances », qui ont réduit de deux tiers le trafic dans certains ports du Golfe. Beaucoup de navires sont désormais obligés d’embarquer des gardes armés pour se protéger.

Forces navales internationales

Pour lutter contre la piraterie, les chefs d’Etat ont souhaité mettre en commun leurs moyens d’action et favoriser l’échange d’informations.

Le président tchadien Idriss Déby a plaidé pour la mise en place de la « force d’intervention rapide », dont la création avait été décidée par l’Union africaine fin mai, et qui pourrait « avoir sa composante de forces maritimes » selon lui.

Quant à son homologue ivoirien, il a appelé « la communauté internationale à faire preuve de la même fermeté dans le Golfe de Guinée que celle affichée dans le Golfe d’Aden, où la présence des forces navales internationales a permis de réduire drastiquement les actes de piraterie maritime ».

En l’absence de patrouilles internationales d’envergure, les navires sont particulièrement exposés dans le Golfe de Guinée.

En revanche, l’Union européenne a lancé en janvier le programme Crimgo (routes maritimes critiques du Golfe de Guinée), visant à renforcer la formation des gardes-côtes et à mettre en place un réseau permettant l’échange d’informations sur les actes de pirateries.

« L’intérêt de l’Union Européenne (à agir) est un intérêt géostratégique », a déclaré à l’AFP Raul Mateus Paula, ambassadeur de l’Union européenne au Cameroun. « L’Afrique se développe, croît. Nous soutenons cela. C’est sûr que c’est un futur marché pour nous (…) C’est important la sécurisation des matières premières », a-t-il dit.

La dernière attaque en date a concerné le pétrolier français Adour. Son équipage, capturé par des pirates le 13 juin au large du Togo, avait été relâché « sain et sauf » cinq jours plus tard.

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