Les huîtres adultes touchées par une inquiétante surmortalité

Cette surmortalité est liée à la présence d'”une bactérie mortelle, appellée +Vibrio aestuarianus+ qui colonise les coquillages et en particulier les huîtres”, a expliqué à l’AFP Tristan Renault, responsable de l’unité Santé, génétique et microbiologie des mollusques à l’Institut français pour l’exploitation de la mer (Ifremer).

Selon lui, elle entraîne des “taux de mortalité importants, allant de 15 à pratiquement 65% sur certains lots” analysés par l’Ifremer.

Ces huîtres provenaient notamment de l’étang de Thau, sur la Méditerranée, du lac d’Hossegor (Landes), d’Arcachon (Gironde), de Charente-Maritime, de Bretagne nord et de Normandie.

Les causes de la présence de cette bactérie mortelle sont compliquées “à identifier”, explique M. Renault.

Cependant, “on peut suspecter que les conditions climatiques de 2013 sont plutôt favorables à la prolifération de la bactérie dans l’environnement”, selon le chercheur, évoquant notamment “l’élévation des températures après un printemps froid” et “des pluies très importantes au printemps”.

Pour Gérald Viaud, président du Comité national conchylicole, la profession est “en phase d’alerte grave”, en raison de cette surmortalité et il en a averti les services de l’Etat et le ministère.

Ce phénomène est selon lui la continuité des importantes surmortalités que connaît la profession au cours des dernières années.

Depuis 2008, l’ostréiculture connait une crise en raison de la présence d’un herpès virus qui a décimé jusqu’à 75% des jeunes huîtres (naissains).

“On est dans la continuité de ces surmortalités mais depuis quelques temps cela a pris une autre dimension car cela touche toutes les tranches d’âge”, souligne M. Viaud.

Selon lui, cette mortalité sur les huîtres adultes et prêtes à la commercialisation après avoir été travaillées pendant trois ans par les professionnels, est d’autant plus grave que les ostréiculteurs ont de moins en moins de cheptel.

“Jusqu’en 2008, quelque 130.000 tonnes d’huîtres étaient commercialisées chaque année, et petit à petit ça baisse, l’an dernier, on en a eu 80.000 et cette année on devrait pas au-dessous de ce chiffre”, déplore le représentant de la profession.