Manille a protesté auprès de Pékin contre le “harcèlement” de ses navires en mer de Chine méridionale

Manille, 31 mai 2022 (AFP) – Manille a annoncé mardi avoir convoqué un haut diplomate chinois, pour protester contre le harcèlement présumé d’un navire de recherche marine par un bateau des garde-côtes chinois dans les eaux territoriales philippines.

Le ministère des Affaires étrangères philippin indique avoir “convoqué un haut responsable de l’ambassade de Chine à Manille pour protester contre le harcèlement (…) du RV Legend, qui menait une recherche scientifique marine autorisée”.

Le ministère a ajouté qu’il examinait aussi des rapports sur la “présence de navires de garde-côtes étrangers autour de Reed Bank”, où des entreprises philippines mènent des explorations pétrolières.

Manille et Pékin se disputent depuis longtemps des zones de la mer de Chine méridionale sur lesquelles la Chine dit avoir des droits exclusifs, au mépris d’un jugement d’une instance de La Haye (Pays-Bas) en 2016 selon lequel ses revendications historiques sont sans fondement.

Les incidents constituent, selon les responsables philippins, “des violations manifestes de la juridiction maritime des Philippines”.

L’ambassade de Chine à Manille n’a pas répondu aux sollicitations.

Dans un communiqué distinct publié mardi, le ministère des Affaires étrangères philippin a déclaré avoir émis une protestation diplomatique distincte concernant ce qu’il a qualifié de “moratoire de trois mois et demi sur la pêche imposé unilatéralement par Pékin” près des îles Spratley, contestées par les deux pays.

La semaine dernière, un rapport de l’Asia Maritime Transparency Initiative (AMTI) affirmait que le RV Legend avait été suivi de près par le navire des garde-côtes chinois au nord-ouest de l’île principale de Luzon, aux Philippines.

Des navires chinois ont harcelé à deux autres occasions le mois dernier des navires commerciaux et de recherche, selon AMTI, dont un près de l’atoll Second Thomas, un atoll stratégiquement situé et tenu par les Philippines.

Le think tank estime que ces manoeuvres chinoises créent “un fort risque de collisions en mer”.

Le ministère philippin des Affaires étrangères a déclaré mardi que des “activités illégales” non précisées autour de Second Thomas faisaient également l’objet de “protestations diplomatiques” et que des navires chinois avaient encerclé un navire des garde-côtes philippins dans la zone.