Manille interdit aux étrangers la recherche dans une zone maritime

“Le président a ordonné que désormais seuls les Philippins seront autorisés à mener des recherches scientifiques (…), explorer et exploiter les ressources naturelles de Philippine Rise”, a déclaré à la presse Harry Roque, porte-parole du président.

Manille avait annoncé il y a trois semaines avoir autorisé la Chine à mener une mission dans cette zone en dépit des différends maritimes anciens qui opposent les deux pays ailleurs dans la région.

Mais l’expédition chinoise sera la dernière dans cette zone et les autorisations de recherche octroyées aux autres pays sont “révoquées”, y compris les 26 accordées à des organisations américaines, japonaises et sud-coréennes, a ajouté le porte-parole.

M. Duterte a ordonné à la marine philippine de “chasser” tout bateau étranger qui pêcherait ou mènerait des recherches dans la zone, a déclaré le ministre de l’Agriculture Emmanuel Pinol.

Cette zone de 13 millions d’hectares, qui serait riche en ressources maritimes, est située à 250 kilomètres à l’est de Luçon, la principale île des Philippines.

En 2012, les Nations unies avaient reconnu les droits de Manille sur son plateau continental étendu et reconnu que le secteur était situé dans la Zone économique exclusive des Philippines.

Le président philippin est accusé par ses opposants d’avoir échoué à empêcher les opérations chinoises de construction d’îlots artificiels et de bases militaires potentielles sur de minuscules récifs en mer de Chine méridionale, située à l’ouest et au sud-ouest de Luçon.

En 2016, la Cour permanente d’arbitrage de la Haye avait jugé illégales les revendications de Pékin sur la quasi totalité de la mer de Chine méridionale, une conclusion rejetée par le régime chinois.

Le Vietnam, la Malaisie, Brunei et Taïwan ont également des revendications conflictuelles sur certaines zones de cette région stratégique.

La cour d’arbitrage avait été saisie par l’ancien président philippin Benigno Aquino mais Rodrigo Duterte a choisi lui de se rapprocher de Pékin et de courtiser les investissements chinois.